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April , 2015
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Djibouti77

La Voix du Peuple

Au berceau de l’Etat moderne, la couronne d’Angleterre a repoussé des horizons en institutionnalisant l’opposition ...
Depuis 2012, la date des dernières élections locales, entre l’UMP et les électeurs djiboutiens, c’est ...
Cela fait trois mois (Aujourd’hui cela fait plus de 7 mois et 1/2)que l’USN endure ...
La crise post électorale qui a résulté de la gestion du scrutin du 22 février ...
Sa renommée dépasse le continent; elle est devenue planétaire. Il l’a acquise par la noblesse ...
Le Parlement européen, – vues ses précédentes résolutions sur la situation à Djibouti; - vu l’Accord ...
Après les débâcles de l’Union pour la Majorité Présidentielle aux seconds tours des élections locales ...
Le 22 mai 2012, dans la semaine de l’anniversaire de la sécession de la Somaliland ...
A Djibouti, comme dans le reste du monde musulman, la date anniversaire de l’Ascension du ...
Après deux décennies de récessions économiques qui ont plongé le continent dans la spirale des ...

Archive for the ‘Politique’ Category

Republication:15 Citations de Nelson Mandela

Posted by djibouti77@djibouti77.com On February - 12 - 2015 ADD COMMENTS

Nelson Mandela, le célèbre prix Nobel de la paix 1993; est mort à l’age de 95 ans. Il est le seul homme politique au monde à avoir libéré son pays sans effusion de sang. C’est l’un des symboles de la sagesse dans le monde.

« Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur », a déclaré le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon

Voici 15 citations de Nelson Mandela, qui, espérons-nous, réveilleraient peut être quelques consciences ici ou ailleurs dans le monde:

1. Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.

2.Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit.

3.C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense

4.En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant.

5.Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé.

6.les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes conséquences.

7.Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès.

8.Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.

9.L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde.

10.La prison et les autorités conspirent pour dépouiller chacun de se dignité. Cela en soi m’a permis de survivre…..Je suis fondamentalement optimiste….se laisser aller au désespoir mène à la défaite et à la mort.

11.C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réalise le mieux à quel point on a changé.

12.(…) la lutte pour la liberté ne consistait pas seulement à faire des discours, à tenir des meetings, à faire passer des résolutions et à envoyer des délégations: il fallait aussi une organisation méticuleuse, des actions militantes de masse, et par-dessus tout, la volonté de souffrir et de se sacrifier.

13.J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.

14.On m’a souvent demandé «Qui est votre héros?» et je réponds: je ne choisis pas mon héros en fonction de la position qu’il occupe. Mes héros sont ces hommes et ces femmes qui se sont impliqués pour combattre la pauvreté où qu’elle soit dans le monde.

15.Cancaner sur les autres est certainement un défaut, mais c’est une vertu quand c’est appliqué à soi-même.

Aux victimes de la route

Posted by Eleyeh On May - 1 - 2014 ADD COMMENTS

La question interpelle tout le monde. Elle ne divise pas les djiboutiens et les djiboutiennes . Autour d’elle, un consensus se dégage parce qu’elle vise tout simplement à combattre les milliers de morts et de blessés sur les routes nationales. Elle est au cœur de la réforme initiée au dernier semestre de 2010 par l’adoption de la loi n°80/AN/10/6emeL et du décret n°2010-0230/PR/MID instituant les dispositions légales et règlementaires du nouveau code de la route. Cet ambitieux changement ne lésine pas sur les moyens pour endiguer le fléau ; il affecte à la fois les règles relatives au véhicule, au conducteur et à la circulation, sans oublier l’arsenal dissuasif de répression qui l’accompagne.

Et parmi les mesures touchant au véhicule, il y’a l’obligation du contrôle technique automobile. L’objectif consiste à prévenir les accidents susceptibles de provenir de défaillances connues de l’engin. La volonté étant d’imposer un niveau d’état permettant d’attester que le véhicule présente des capacités de sécurité routière . Les articles118 et R54 respectivement de la loi et du décret rendent le contrôle technique annuel obligatoire. Cependant les véhicules acquis à l’état neuf en sont exemptés pendant les trois premières années consécutives à la mise en circulation.

Dans la pratique le véhicule est porté à l’appréciation d’un expert pour subir un ensemble des vérifications qualitatives et quantitatives. L’article R56 du décret dresse une liste des organes du véhicule qu’il doit visiter. Parmi eux figurent entre autre le système de freinage, les pneus, et les feux d’éclairage. Leurs bons fonctionnements Constituent un gage de sécurité pour les usagers de la route et une condition pour obtenir l’autorisation de circuler.

Cette mesure préventive a tardé à s’implanter. Mais pendant tout ce temps qui s’est écoulé, des accidents qui auraient pu être évités, ont continué à provoquer encore ses lots de morts et de blessés. L’Etat a donné la priorité à d’autres volets de la réforme qui n’ont certainement pas eu le même impact sur les statistiques des victimes de la route. Pour des considérations qui lui sont propres, le gouvernement a privilégié l’installation des feux de circulation sur l’ensemble des intersections de la ville de Djibouti. Mais le projet a été mal exécuté et le résultat laisse l’arrière goût amer du travail d’apprentis. Les feux sont mal synchronisés dans la plupart des intersections les plus fréquentées. Mais paradoxalement, la présence des feux a influé sur les comportements des usagers de la route qui, en faisant confiance à la machine, ont tendance à manquer de vigilance. Cette situation est dangereuse. Elle accroit l’insécurité sur tous les carrefours et tend à éloigner le projet de son objectif.

Son retour au centre de l’actualité, le contrôle technique automobile le doit au hasard. Et comme parfois , il faut invoquer une petite cause pour déterrer une grande cause, l’étincelle est venue du côté du président de la république. Fortuitement ou non, à l’occasion d’une rencontre avec des hommes d’affaires , il a attiré l’attention du ministre de l’intérieur sur le sort d’un investisseur djiboutien qui avait anticipé sur la réforme du code de la route en fondant la Régie Automobile de Djibouti. L’établissement avait acquis les équipements pour se spécialiser dans le contrôle technique de véhicule. A la suite de cette interpellation, le ministre de l’intérieur a invité les automobilistes à se procurer d’un bon à circuler auprès de RAD, le seul concessionnaire de contrôle technique agrée par l’Etat. Et RAD exige la somme de dix mille par véhicule, pour ses prestations.

Le sort semble s’acharner sur cette initiative. Après avoir été gelée quatre année durant, la mise en œuvre du contrôle technique obligatoire n’a pas l’air de démarrer non plus sous de meilleures auspices. le procédé de lancement est hâtif et tout laisse à penser que les conditions d’une implantation réussie n’ont pas été sérieusement étudiées. L’exécution sous la menace de l’immobilisation de véhicule, a toutes les chances de s’avérer contreproductive. Le besoin ne se ressentirait pas si on levait les obstacles. Le contrôle technique annuel cible un parc de 40000 véhicules. Un seul concessionnaire ne peut pas donc effectuer la visite de toutes ces voitures même en travaillant toute l’année , toute la journée et en consacrant trente minutes à chaque véhicule. Même dans cette hypothèse extrême, RAD ne couvrirait que 17520 véhicules. Le marché peut encore accueillir plusieurs autres concessionnaires pour éviter de longues attentes et offrir aux clients, des contrôles de qualité. Par ailleurs le prix pratiqué par le concessionnaire RAD ne correspond pas aux tarifs réglementaires. L’article R53 du décret n°2010-0230/PR/MID relatif aux nouvelles dispositions réglementaires du Code de la Route fixe les frais de contrôle technique de véhicule léger, de véhicule lourd, de bus et de minibus , respectivement à 4800FD,3600FD, 3600FD et 2400FD. Les montants de cette redevance sont justifiés et reflètent le service requis. Le concessionnaire n’est ni autorisé à démonter des pièces ni à réparer des organes défectueux du véhicule. Le souci étant d’éviter la prescription des réparations abusives et de protéger les garages traditionnels de toute concurrence déloyale. La visite n’est pas une expertise et elle dure de 25 à 30mn au maximum.

Il va sans dire que sous réserve de ces rectifications, l’application générale du contrôle technique atteindrait son objectif. La sécurité sur les routes nationales se renforcerait et les accidents décroîtraient à la grande satisfaction de tout le monde. Quel meilleur hommage la nation rendrait-elle aux victimes de la route ? Sinon que de leur montrer que leurs souffrances n’ont pas été vaines mais qu’elles ont servi de leçons pour sauver leurs semblables . Mais ce progrès sur les routes rapporte davantage aux assurances. Leur gain est sans contrepartie et il se chiffre en monnaies sonnantes et trébuchantes. L’idée de mettre les assurances à contribution, en partageant le fruit de cette campagne avec leurs clients, par une réduction des tarifs, n’a rien d’excessive. Les assurances ne peuvent pas conserver les tarifs qu’elles avaient établis pour couvrir un volume de risques antérieur à l’entrée en vigueur du contrôle technique obligatoire. Ce geste des assurances, les ménages djiboutiens, mis à mal par l’érosion du pouvoir d’achat, en ont bien besoin pour solder le supplément de dépense résultant de cette nouvelle redevance.

Les illuminés qui nous gouvernent

Posted by WARMA CADEE On April - 14 - 2014 ADD COMMENTS

Curieuse fréquentation que celle qui unit le monde politique à celui des praticiens de la magie noire.

Le monde politique est peuplé de ces hommes et femmes qui exercent le pouvoir ou qui aspirent à l’occuper. Ils sont adulés, craints et respectés pour leurs leaderships. Ils appartiennent à la crème de la société.

L’autre communauté regroupe des marginaux qui se méfient du reste . On leur prête une force surnaturelle leur permettant de percer dans le mystère du destin. Cette hypothétique aptitude les dote d’un pouvoir d’information leur permettant de dominer le reste des hommes.

L’un incarne la raison. L’autre manie l’irrationnel. L’un use de la pédagogie et se fixe des objectifs. Tandis que l’autre cultive le mystère et il ne se sent lier d’aucun engagement de résultat dans ce qu’il entreprend .

Ces deux familles du genre humain, tout les éloigne et rien ne les assemble. Cependant elles se côtoient discrètement comme des amants en quête des relations adultérines. Un politicien qui tient à sa carrière dispose d’un griot ou d’un marabout lui permettant de naviguer dans le mauvais temps ,pense-t-on si bas. Il le consulte et obéit à ses consignes quitte à commettre un pécher. La religion musulmane interdit l’usage de la magie noire parce qu’elle pousse l’homme à des comportements abjects.

Les anecdotes en la matière pullulent. Elles font des hommes politiques la risée de la société civile. Le thème avait inspiré, il y’a plusieurs années ,le groupe musical Degane qui a réalisé des sketches sur la réaction des hommes politiques à la veille d’un changement gouvernemental. Ils jouent sur la scène, des sortants et des prétendants aux postes, envahissant les habitations austères des voyants qui tranchent avec les conforts de leurs salons douillets dédiés au seul broutage. Les acteurs du groupe Degane terminent par des vaticinatrices leur annonçant tous, de bonnes prédictions sans rapport avec la vingtaine de places à pourvoir. Le groupe Degane qui a déjà subi le courroux du régime pour des persiflages personnalisés, n’a pas osé cette fois franchir le pas pour enrichir son répertoire satirique. Mêmes ses plus belles prestations pour accompagner les différentes étapes du processus de la réconciliation somalienne d’Arta n’ont pas calmé la colère du pouvoir. Quinze ans durant, Degane a connu les affres de l’isolement. La RTD n’a jamais accompagné ces jeunes talents et le groupe a été rarement convié pour se produire dans des manifestations publiques. Pour rompre avec les effets de cette perpétuelle sanction, le groupe a choisi la dislocation en se débarrassant de ses anciens membres. Degane dans sa nouvelle parure s’est adjoint de services d’artistes somaliens rompus aux danses du ventre, pour se jeter corps et âme dans l’adulation. Dans sa quête du pardon, le nouveau Degane issu du clonage s’est surpassé en accouchant la chanson phare du 3eme mandat, avant de se donner la mort. L’affaire Degane en dit long sur le rapport du régime avec la culture. Le pouvoir ne conçoit pas la culture autrement qu’un vil instrument au service de sa propagande . Malheureusement, les artistes ne peuvent pas user librement, du rire et de la dérision, pour éduquer la société et l’inciter à un changement des moeurs.

Mais la nature a horreur du vide. Là où les artistes n’accomplissent pas leur mission, les dérives superstitieuses des dirigeants se transmettent de bouches à oreilles. Et parmi ces histoires qui se chuchotent, trois d’entre elles occupent les places de choix dans le top dix.

Un ancien riche commerçant attribuerait sa chute à son ami candidat. Ce dernier aurait appris d’une voyante que son futur adversaire proviendrait de la tribu de son ami commerçant. Croyant que la menace ne viendrait que de son ami commerçant, seul nanti de moyens nécessaires pour se hisser contre lui, le candidat aurait orchestré la faillite du commerçant. Peine perdue, car au final, le candidat a affronté une autre personnalité de la tribu de son ami commerçant désormais dans la misère.

Pour maitriser un jeune commerçant devenu riche avec l’aide du pouvoir, une dizaine de moutons rendue aveugle a été relâchée dans sa cour. La magie n’aurait pas fonctionné ; le commerçant n’aurait jamais renoncé à apporter son appui financier ou matériel à l’adversaire.

A chaque élection, les candidats feraient venir de l’étranger des hommes barbus dont la seule présence à leur côté provoque des frissons. A distance, ils sont commis de livrer des batailles qui ne font jamais de dégâts apparents. Ils persuadent de contenir d’ invisibles missiles des ennemis. Ils tuent alors des animaux pour marabouter Djibouti. Ils aspergent du sang d’animaux sur les candidats. Puis les carcasses impropres à la consommation finissent par polluer la mer.

Des pratiques animistes qui ne provoquent que du gâchis. De la magie noire qui induit ceux qui en font l’usage dans des erreurs irrémédiables. Des actes de sacrilège qui éloignent leurs auteurs de valeureux préceptes qui fondent la religion musulmane. Des efforts improductifs qui n’ont jamais aidé le pouvoir à résoudre une quelconque crise politique ou sociale. A ces illuminés qui croient en l’efficacité de la magie noire , on les invite à méditer sur l’histoire du Pharaon et du prophète Moussa. Sur les conseils de « ses couhanes » , le pharaon a supprimé des enfants innocents sans inquiéter le prophète Moussa qui a vécu et grandi dans sa cour avant d’entraîner sa chute.

Cri de cœur

Posted by Bilawal Guedid On April - 1 - 2014 ADD COMMENTS

C’est un cri qui émerge de la conscience collective . Un cri de cœur citoyen pour un retour à la norme. Et l’occasion se présente ; c’est l’USN qui l’offre. Le président de la république le reconnait. Il vient de déclarer sur les pages de Jeune Afrique que l’USN aurait accepté de renoncer à la réclamation des sièges supplémentaires à l’assemblée en échange d’une profonde réforme démocratique. A l’USN , le langage est un peu plus nuancé. L’opposition accepte sans condition de travailler avec le gouvernement sur le volet de la réforme pour établir un climat de confiance qui permettrait d’enchaîner sur le différend électoral. Tout laisse à croire que l’USN a décidé de conclure une paix de braves telle qu’elle est annoncée par le président. La poursuite du dialogue qui s’ensuivrait est destinée à calmer la hargne des extrémistes.

Ce nouveau développement dans la crise électorale qui dure maintenant plus de 13 mois est décisif. Il lève tout hypothèque sur le dialogue et il met l’entente à la portée des parties. Il repose sur le principe d’un échange du renoncement à la victoire électorale contre des mesures de bonne gouvernance démocratique. A priori , les sacrifices consentis par l’USN sont énormes ; ils sont disproportionnés par rapport à ses demandes. Cependant la victoire électorale de l’USN ne fait pas de doute. Le président de la république est incapable d’étayer la prétendue victoire de sa majorité par la publication des résultats par bureaux de vote. L’USN détient les résultats des bureaux de vote tels que rendus publics et signés de leurs propres mains par les présidents de bureaux de vote. Pour taire les revendications populaires tendant à la restitution de cette victoire électorale spoliée au grand jour, l’USN a subi et continue à subir de la plus féroce répression avec ses lots de décès, de blessés, de détenus, de licenciés , de spoliés et des humiliés. Les concessions politiques que l’USN a exigées pour solder la crise ne sont pas insurmontables. Il s’agit de l’accès à la presse publique, de la reconnaissance de MODEL comme parti politique, du statut de l’opposition et de la création d’une commission électorale nationale indépendante pour gérer les élections. Le droit d’utiliser le média publique pour les partis politiques est reconnu par la loi organique sur les partis politiques et l’admission de MODEL comme parti politique pourrait trouver une issue favorable dans l’application objective de la loi relative aux partis politiques. Le statut de l’opposition est rendu nécessaire par la présence de députés de l’opposition à l’assemblée nationale. Il définit la manière dont la majorité veut faire jouer à l’opposition son rôle démocratique de contrôle. Ce n’est pas un cadeau mais plutôt un moyen pour la majorité de légitimer son action. Quant à la mise en place d’une CENI en charge de la gestion des élections et différente de la CENI en vigueur actuellement, le président de la république s’est déjà engagé à la créer. La République de Djibouti a signé en 2007 la charte africaine de la démocratie , des élections et de la gouvernance. Puis elle a ratifié cette charte par une loi du 28 octobre 2012.

Cette charte s’applique donc pleinement à Djibouti depuis le 28 octobre2012, date où le président a signé la loi de ratification. Cette charte exige que la gestion des élections soit confiée à des organes indépendants. Le ministre de l’intérieur ne peut plus donc s’occuper des élections depuis le 28 octobre 2012. Les élections que le ministre de l’intérieur a déjà organisées comme les législatives du 22 février 2013 ou celles qu’il aura à gérer ultérieurement sont illégales. Elles ne présentent aucune valeur juridique au regard de la loi au même titre que les élections qui seraient gérées par tout autre autorité dépendant du pouvoir. La CENI telle qu’elle existe à Djibouti ne gère pas les élections ;, elle contrôle les opérations électorales selon l’article 40 de la loi organique sur les élections. La CENI djiboutienne assure un rôle d’observateur et à la fin des élections elle exprime son opinion dans un rapport au président de la république.

A la lumière de ces explications , il est aisé de comprendre combien les propositions de l’USN sont louables. Leur démarche est responsable et elle met en valeur leur attachement à l’honneur et à la stabilité du pays. L’initiative de l’USN force le président de la république à l’apaisement. Tout homme normalement constitué n’aurait, à sa place, éprouvé l’envie de repousser cette paix servie sur un plateau d’argent. A quoi rimerait d’endosser le costume du piètre intransigeant chopé dans son projet de récidiver le coup de 2013 en 2016 ; il entonne pourtant la fin de sa mission à la tête de l’Etat dans deux ans. Désemparé, on serait tenté de voir dans le fait de décliner ce deal, un effet de manches, mais avec une fois de plus l’inévitable question : dans quel but ?
Une chose est certaine . Un manque d’inspiration( de la part du président de la république) radicaliserait la position de l’USN qui entreprendrait alors le démarchage pour obtenir la sanction du régime et la reconnaissance internationale de sa légitimité. Pourvu qu’il en soit évité !

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RPP : au crépuscule d’ une riche existence ( 3eme partie)

Posted by Eleyeh On March - 25 - 2014 ADD COMMENTS

Une course effrénée pour renouer le fil de la paix s’est engagée. Jamais des leaders politiques afars n’ont été autant courtisés pour initier le processus de la paix. Une situation qui n’est pas sans créer une surenchère et qui a conduit le RPP d’engager les pourparlers de paix avec le commandement militaire du FRUD. Ils ont abouti sur la conclusion d’une armistice à laquelle les signataires ont dotée d’un habillage politique en y insérant des mesures de recrutements, de réhabilitations des régions affectées par la guerre, d’amnistie et de décentralisation de pouvoirs. L’accord a mis fin au conflit armé sur le territoire.

Le RPP peut se targuer d’un choix judicieux dans ce partenaire efficace. Mais d’aucun n’ignore qu’avec cette approche purement sécuritaire dans la résolution d’une crise multidimensionnelle, le RPP a primé la paix du plus fort sur la paix de braves. La paix de braves implique une aptitude à dialoguer avec tous les acteurs sans ostraciser et une lucidité d’adhérer à des résolutions d’intérêt général. Dans sa démarche de réconciliation, le RPP a écarté la direction politique du FRUD et les deux partis de l’opposition ( PRD et PND) pour éviter le sujet qui fâche. Il n’était pas disposé à reformer le système ultra-présidentiel en répartissant au mieux le pouvoir entre les différentes institutions de l’Etat (entre le président, le gouvernement et l’assemblée nationale). Le FRUD a adopté sans chercher à dompter le système politique en vigueur. C’était le prix à payer pour éclipser la génération d’hommes qui a régné sur l’échiquier politique depuis les années 50 et de propulser une nouvelle vague des politiciens. Ainsi le FRUD version parti politique s’est allié au RPP pour participer au gouvernement et intégrer plus tard dans la majorité parlementaire acquise au président.

Le RPP n’a Point connu de répit. L’extinction de ce foyer de tensions a actionné l’émergence de nombreuses crises latentes. Elles sont restées enfouies jusqu’à là, pour des impératifs liés aux menaces d’insécurité qui pesaient encore sur le pays.

Sans tarder, une dispute sur fond de luttes d’influences a éclaté entre deux courants du RPP. Ce qui au départ ressemblait à une querelle de clocher s’est très vite transformé en une véritable crise que le seul règlement du parti n’a pas pu absorber. Dans un parti politique démocratiquement constitué, ses courants pluriels sont perçus comme une richesse et les ambitions personnelles sont portées à l’appréciation des adhérents. Au RPP, face à l’épreuve le naturel revient au galop. La crise s’est donc résolue dans la douleur avec l’exclusion des barrons historiques qui ont fortement marqué l’existence du parti et la vie de l’Etat. Ces personnalités ont subi à la fois la disgrâce, la prison et la perte des droits civiques. Le cumul et la disproportion des sanctions révèlent des traits nouveaux d’une culture de l’intolérance, au sein d’une société traditionnellement douée du sens de la pondération.

Toujours est il que la dissidence de ces membres influents est intervenue à un moment où le RPP se débattait dans une grave crise économique et sociale. Les efforts de la guerre alliés aux écueils de la mal gestion ont mis l’Etat en faillite. L’abîme sollicitait les traitements lourds qu’en ce temps le FMI prescrivait en panacée aux pays africains. Le comble de l’ironie, c’est que deux décennies plus tard, les pays européens sont contraints à leurs tours, de goûter à la cruauté de la politique monétariste fondée sur les coupes budgétaires. Avec cette différence de pouvoir faire entendre leurs gémissements et de recevoir en échange la compassion de la communauté internationale. Cette parenthèse étant, si on revenait au cas de Djibouti à cette époque là. L’économie était en récession. L’Etat, après avoir asséché les réserves de ses établissements publiques pour financer ses déficits récurrents, croulait encore sous le poids de la dette. Il avait cessé de répondre à toutes ses obligations vis-à-vis de ses salariés, de ses fournisseurs publics ou privés et de toutes les personnes l’ayant mandaté en tant qu’agent de recouvrement. Le pays manquait de l’eau et de l’électricité. Les secteurs de la santé et de l’éducation sombraient faute de moyens. Le chômage grandissant ne laissait d’autre espoir en perspective que l’émigration.
Pour inverser cette situation, le RPP a engagé le pays dans des programmes d’ajustements qui ont duré une dizaine d’années , avec l’assistance du FMI . Ils poursuivaient les objectifs d’une politique fiscale restaurant les équilibres de grands comptes de la nation et la compétitivité du pays.

RPP : au crépuscule d’une riche existence ( 2eme partie)

Posted by Eleyeh On March - 11 - 2014 ADD COMMENTS

La détente était palpable. Comme par miracle, le RPP a arboré la soutane de la bienfaisance pour persuader de sa sincérité à basculer définitivement dans l’ère démocratique. Ses responsables politiques se sont aussitôt glissés dans la peau du tout nouveau dirigeant, libéral et tolérant d’esprit. Les plus malins d’entre eux s’en sont défendus en se référant à l’histoire du pays ; ils ont refusé à s’attarder sur des séances de rééducations dans l’antichambre de la démocratie pour se départir de l’instinct d’autoritaire et d’omnipotence. Ils se disaient en phase avec le temps moderne en recouvrant tout simplement leur reflexe naturel d’antan.

Les partis de l’opposition jouaient le jeu à fond. Ils n’entendaient pas abandonner au pouvoir un millimètre de leur espace démocratique. On assistait à un foisonnement des journaux partisans ou indépendants. La presse étatique ne voulait pas rester en dehors du changement ; elle s’efforçait de remplir ses missions de service public. Toutefois ce tableau idyllique comporte de nombreux points sombres. Le pouvoir ne loge pas toutes les libertés publiques à la même enseigne. Par malédiction ou par paranoïa , l’exercice de la liberté de manifestation l’irrite. Un rassemblement de l’opposition au lendemain des élections législatives du 18 décembre 1992, pour protester contre les résultats du législatif, a été sauvagement réprimé. Une manifestation à Arhiba a tourné au drame. Ses habitants vibraient au gré des avantages du FRUD sur les théâtres des opérations et vivaient la présence des agents de l’ordre comme une force d’occupation. L’ inévitable affrontement à Arhiba a éclaté ; il a donné lieu à de nombreux blessés, un mort du côté des agents du peloton de la garde présidentielle et un carnage des civils. D’aucun n’a tenu rigueur le RPP pour ces graves atteintes et bien d’autres entorses mineures car l’introduction de la démocratie était encore trop récente. Il fallait au pouvoir du temps pour réussir sa pleine conversion dans la bonne gouvernance. L’offrande n’était pas de trop ? La soif de justice des ayants-droits des victimes n’a jamais étanchée. Toujours est-il que ces exactions n’ont diminué en rien à cette nouvelle légitimité que le RPP tirait de la réforme. Le parti en avait bien besoin pour la suite des actions qu’il projetait. Sans tarder le RPP s’est lancé dans une campagne de recrutements pour constituer une armée forte de vingt mille hommes composée essentiellement de pasteurs issas de l’Ethiopie. Simultanément , le pouvoir a acquis de nouvelles armes en quantité pour doter ses hommes d’une puissance de feu largement supérieure à celle de l’adversaire. Après les préparatifs d’usage, le RPP a lancé ses troupes contre les possessions du FRUD. Les opérations ont duré peu de temps et en moins de deux mois les combattants du FRUD abandonnèrent l’ensemble de ses positions. Ces victoires militaires ont permis au RPP de rétablir l’intégrité territoriale et d’ asseoir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays.

Mais cette guerre n’a pas été sans laisser des traces. Fratricide, elle a opposé des djiboutiens. Ensemble les djiboutiens pleuraient leurs morts et compatissaient dans la douleur. Dans les quartiers de la capitale, les tentes pour les cérémonies funéraires s’échangeaient et les familles éplorées se consolaient mutuellement. Les disparitions affectaient des voisins, des amis ou des membres de familles ayant des liens directs ou indirects. Toutes les aberrations de la guerre civile s’abattaient sur cette petite cité où tout le monde connaît qui est qui et qui fait quoi. La lassitude de la guerre était lisible sur tous les fronts ; l’aspiration à la paix demeurait unanime. L’environnement était cette fois-ci favorable à la médiation car depuis l’intermédiation française la configuration sur le terrain a beaucoup évolué. La victoire militaire des forces armées nationales était totale mais les combattants du FRUD n’avaient pas dit leur dernier mot. Ils disposaient plus d’une solution de rechange quelque part dans un de nombreux plis de leur serviette pour exténuer l’adversaire. L’issue aurait été incertaine et plus personne ne souhaitait aboutir sur une situation chaotique, un scénario à la somalie. L’heure était à la tractation et les plus futés anticipaient sur la solution d’une sortie de crise. Chaque politicien sortait son petit carnet d’adresses et usait de ses connaissances pour nouer les premiers contacts entre les parties.

RPP : Au crépuscule d’une riche existence (1ère Partie)

Posted by MADHIBA On March - 5 - 2014 ADD COMMENTS

Jadis, le RPP a vécu une épopée. Une épopée qui a duré longtemps, 32 ans durant, avant d’amorcer une descente à l’enfer. Depuis 2012 , le Rassemblement Populaire pour le Progrès a cessé de naviguer, comme jadis, sur des eaux tranquilles. Des défaites électorales ont jalonné ses trois dernières années d’existence et le RPP vit mal cette déficience immunitaire qui l’affecte gravement. La posture inédite du RPP face aux aspirations démocratiques du peuple est pathétique. La confiscation de la victoire de l’USN et l’emploi de la répression comme seule réponse aux revendications populaires discréditent sérieusement la foi du RPP dans l’ordre constitutionnel. Ils menacent la stabilité politique du pays dont certains observateurs n’hésitent plus à évoquer l’implosion.

Fondé en 1979, à moins de deux ans après l’indépendance du pays, le RPP compte dans sa lignée d’illustres descendants comme le LPAI, le FLCS, l’UNI et les treize parlementaires dissidents. Le RPP fut animé du souci de dépasser les clivages nés de la lutte pour l’indépendance. Les fondateurs lui assignèrent l’unité des djiboutiens et des djiboutiennes pour l’édification de la paix et du progrès. La pérennisation du nouvel Etat était sujette à caution. A l’orée de l’indépendance, certains prophétisaient déjà sur l’incapacité de deux ethnies principales du pays à ériger une nation en paix avec les voisins et susceptible de relever tous les défis du développement.

Mais en 1981, les responsables du RPP vont être tentés par ce qui se passe ailleurs en Afrique. Ils vont franchir le pas et asseoir la prééminence de leur pouvoir en suspendant le multipartisme et l’exercice de toutes les libertés publiques. Cette funeste loi de la mobilisation est venue interrompre la culture démocratique qui avait prévalu sur le territoire depuis 1946 . Il s’ensuivit deux décennies de parti unique relativement calmes, ponctués par deux attentats sanglants. Ni la cause, ni les auteurs de l’attentat du café de paris n’ont jamais été élucidés. Tandis que l’investigation de l’explosion perpétrée au café de l’Historil ; elle n’a souffert d’aucune zone d’ombre à l’exception de la libération prématurée consentie au condamné à vie. Aussi La période se caractérise par le début d’une lutte intestine au sein du pouvoir qui aboutit sur la marginalisation systématique de tous les hommes politiques soupçonnés de velléités démocratiques. Sur le plan économique, l’afflux de l’aide internationale permet d’ entamer la construction du nouvel Etat dans de bonnes conditions. La coopération technique française encadre le fonctionnement de l’Etat pour maintenir la qualité des services publics.

Dans ce contexte de parti unique qui ne laissait place à aucun débat démocratique, le RPP n’a pas pu anticiper sur la résurgence du nationalisme issue de la fin de la guerre froide et de la chute du mur de Berlin. Dans notre région, la fin du monde multipolaire a coïncidé avec l’implosion de deux superpuissances. La débâcle des armées Ethiopiennes et Somaliennes a donné lieu, sur leurs territoires, à l’abandon d’innombrables armes de tout genre entre les mains des groupes d’individus désœuvrés rompus aux maniements des armes. Des djiboutiens ont trouvé leurs comptes pour défaire l’Etat-Parti. Ils se sont attachés aux services de ces groupes éthiopiens pour faire de Djibouti l’arrière base du Triangle Afar. Le FRUD a très vite conquis toutes les zones rurales du nord et du sud-ouest en dehors de leurs chefs-lieux respectifs, avant d’accepter l’interposition française entre les forces concurrentes. Trois années de répit se sont ainsi écoulées. Le RPP en a profité pour introduire le multipartisme sous la pression de la communauté internationale et dans le but de couper les herbes sous les pieds du FRUD qui avait fait de l’absence démocratique le principal motif de l’invasion. Le RPP rédigea un projet de constitution limitant les partis à quatre puis le fit avaliser par le referendum du 4 septembre 1992. EN décembre de la même année et en avril 1993, le RPP remporta successivement ses premières élections multipartites législatives et présidentielles de l’histoire, face à une opposition naissante. Leurs scores furent encourageants. Les fortes participations furent à la mesure de l’avènement démocratique.

Ouverture politique à Djibouti: l’opposition veut des engagements écrits du président

Posted by HANAD On February - 6 - 2014 ADD COMMENTS

L’opposition djiboutienne salue l’ouverture du dialogue entre le président Ismaïl Omar Guelleh et la coalition de l’opposition. Le 1er février dernier, le chef de l’Etat recevait le vice-président de l’USN, l’Union pour le salut national, Adan Mohamed Abdou, pour tenter de sortir le pays de la crise politique engendrée par la contestation des élections de février 2013.

L’opposition a reçu des engagements verbaux du chef de l’Etat mais souhaite des engagements écrits car elle redoute que celui-ci ne se serve de ce dialogue pour redorer son blason auprès de la communauté internationale à l’approche d’échéances majeures, telles que le sommet Afrique-Europe début avril.

Ecouter la suite sur RFI- Ouverture politique à Djibouti

Sur l’autel de la peur

Posted by Bilawal Guedid On December - 22 - 2013 ADD COMMENTS

L’espoir d’un monde meilleur né de la fin de la guerre froide s’est très tôt brisé sur les écueils de l’insoluble crise Israélo- palestinienne qui s’est propagée comme une onde au delà de leurs frontières.
L’enterrement des accords d’Oslo et l’extinction de l’idée d’une paix bâtie sur un échange entre la sécurité israélienne et la souveraineté palestinienne ont entraîné la radicalisation de différents protagonistes. L’intransigeance israélienne et la partialité du pouvoir des conservateurs américains ont provoqué la haine et la rancœur dans le camps des opprimés. Naturellement, le radicalisme des uns attire, tel un aimant, l’extrémisme chez la partie adverse en éclipsant toutes les voix de la modération. Il en a résulté l’émergence d’une nouvelle résistance arabe décidée à internationaliser le conflit en s’attaquant aux intérêts des israéliens et de ses alliés partout où ils se trouvent. Les attaques meurtrières contre le World Trade Center et les représailles américaines consécutives ont plongé le monde dans plus d’une décennie d’insécurité.
Et dans ce monde postérieur aux tristes attentats du 11 septembre 2001, les simples gestes de voyager en avion ou de téléphoner sont devenus périlleux. Partout l’homme est dans l’enfer. Il doit affronter la peur due aux attentats et lutter contre les affres des fausses antidotes liberticides. Parmi les libertés ainsi sacrifiées figure en place de choix, la fin du droit à l’intimité. Partout l’homme est épié dans ses actions comme dans ses paroles. Si l’on croît aux dernières révélations, les écoutes téléphoniques affectent tout le monde, les dirigeants comme les simples citoyens de cette terre et les hommes suspects comme les honnêtes gens. Les dérives de ce qui n’a été au départ que de simples procédés sécuritaires n’épargnent plus personne. Ces écoutes n’ont cependant pas permis jusqu’à là de déjouer un quelconque attentat soutient Julian Lassange pour dénoncer une diversion dans cette liberté sacrifiée sur l’autel de la peur. Mais à l’occident, il y’a de bonnes raisons d’espérer la fin des excès, à l’image de procès retentissants qui en Grande Bretagne et en France, ont respectivement secoué la presse et la classe politique.
Par contre, le constat est plutôt préoccupant dans ces nombreuses républiques de façade qui ont acquis cette technologie pour en faire un usage peu compatible avec la morale et en contradiction avec l’intérêt général. Les dirigeants de ces pays invoquent les pratiques liberticides outre atlantiques pour justifier leur propension au mal. Ils oublient qu’en réalité la vie de cette législation contraignante adoptée dans un accès sécuritaire reste cependant sous le contrôle d’un média libre, d’une société civile structurée et d’une justice vaillante. Mais dans ces semblants de républiques qui excellent par la réduction de tout ce qui peut fonder un contre-pouvoir; les écoutes téléphoniques veillent à la pérennisation du système. Elles constituent un instrument de domination supplémentaire bénéficiant de l’impunité et prospérant dans l’indifférence des citoyens. Les personnes qui opèrent dans ce secteur d’activité sont triées sur le volet et obéissent à un pouvoir occulte distinct de l’autorité officielle assurant de faire-valoir. Ces acteurs spéciaux réalisent des écoutes à tours de bras sans se référer à des normes de rigueur. Les cibles appartiennent à l’opposition, au cercle du pouvoir jugé indépendant d’esprit, aux hauts commis de l’Etat et aux citoyens de tous les âges. On écoute les proses lyriques des amoureux, les complaintes des amants, les scènes de ménages, les bavardages mondains de la gent féminine et les petits secrets monopolistiques des professionnels du commerce, pour leurs activités subversives contre l’Etat (sic.). Les anecdotes autour de ces écoutes discréditent le pouvoir : un tel a un ami au centre qui lui a rapporté les propos d’un ami qui l’a descendu en son absence ou des fuites carrément sur le web révélant l’état des relations conjugales ou extra conjugales d’adversaires politiques. On s’en sert n’importe comment et dans tous les cas pour nuire . Mais il arrive aussi que des esprits malsains parviennent à manipuler le pouvoir au travers de simulacre de conversations interceptées quand ce n’est pas le pouvoir lui-même qui en est à l’origine.
L’ennui dans ces pays à faible pouvoir institutionnel, c’est aussi l’apathie qui frappe la justice et le parlement. La première condamne sur la base des écoutes réalisées à son insu et le second n’ose pas se saisir pour légiférer sur le moyen de concilier la sécurité avec le respect du droit à l’intimité.

La disparition d’un géant

Posted by Bilawal Guedid On December - 10 - 2013 ADD COMMENTS

Sa renommée dépasse le continent; elle est devenue planétaire. Il l’a acquise par la noblesse de la cause qui lui a valu des sacrifices au delà de la limite que l’on aurait imposée à un homme. Cette réputation lui a été décernée en hommage à son courage inouï qu’il a puisé dans les tréfonds de l’idéal humaniste. L’homme a combattu la plus féroce machine de domination par la force de l’âme. Nelson Mandela a voué son existence au service de la dignité humaine. L’humanité pleure sa disparition ; les drapeaux sont en berne. Tout au long de sa vie, la morale a guidé son pas de militant et son acte de dirigeant. Il s’est révolté contre la domination raciale. Le prisonnier battu et humilié par les forces racistes du pouvoir boers a plaidé devant le juge sa réprobation de toute discrimination fondée sur la couleur des gens. Il n’a jamais considéré comme une fatalité la famine, le chômage et les maladies : tous ces fléaux qui dégradent la dignité humaine. Même après son retrait du pouvoir, il s’est refusé de couler dans une retraite tranquille en s’engageant dans la lutte contre le sida.

Ses qualités de dirigeant sont exemptes de souillures. Toutes ses décisions et tous ses actes ont visé à sceller la société arc-en-ciel qu’il avait rêvée depuis . Il l’a bâtie sur la tolérance pour extirper la haine séculaire qui avait séparé ses principales composantes, non sans peine et dans une conjoncture particulièrement explosive. A chaque instant où elle commençait à tanguer, l’intervention de l’architecte l’a poussée hors du danger. Il a innové un procédé inédit pour souder à grande échelle les liens entre les bourreaux d’hier et ses victimes. La commission nationale de réconciliation confiée au prix Nobel Desmond Tutu ne connaît pas d’approche analogue dans les annales de l’histoire de l’humanité. Elle a fondé toute sa thérapie sur l’échange entre la repentance des auteurs et l’humilité des victimes.

Dans la conduite des affaires de l’Etat, Nelson Mandela s’est affranchi de la règle de la bonne fréquentation résultant du nouvel ordre mondial en invitant chez lui des chefs d’Etats parias anciennement acquis à la cause de l’ANC. En accueillant le président Fidel Castro à Pretoria, Nelson Mandela a prouvé au monde que les relations des Etats peuvent transcender les intérêts réciproques du moment et relever de la seule dévotion à l’amitié. Tout le monde se souvient de sa célèbre déclaration en soutien à la lutte des palestiniens : « la liberté du peuple Sud Africain ne sera pas complète sans la liberté des Palestiniens ». Pour dompter le pouvoir à ce point et l’assujettir à la rigueur de la morale, l’exercice doit être désintéressé. Le président Mandela a fait preuve de détachement par rapport au pouvoir tout au long de cinq années qu’il a présidé aux destinées de l’Afrique du Sud. Il a donné au nouvel Etat postapartheid toute la splendeur qu’il méritait. Et après ce premier et seul mandat présidentiel, Mandela a sorti cette prouesse dont il a le secret et par laquelle il prend tout le monde de court. Au sommet de la gloire, Le président Mandela argue qu’il s’était battu pour la liberté et non pour le pouvoir ; puis il annonce sa retraite. Quel beau geste ! Mandela vient au secours de l’image égoïste des dirigeants africains qui ont coutume de verser dans l’indignité pour s’agglutiner au pouvoir. Un précieux enseignement pour un continent qui souffre des effets du déficit démocratique et de la culte de pouvoir qui affecte ses dirigeants. La conférence de l’Elysée dédiée à la paix et à la sécurité en Afrique a failli en se consacrant seulement à la gestion de la crise sans se pencher sur les voies et moyens pour prévenir la crise qui découle essentiellement de procédés d’accès et de gestion du pouvoir. Le président Obama , mieux au fait de la tare de régimes africains, s’est contenté de stigmatiser les dirigeants africains qui se réclament de Mandela tout en pourchassant l’opposition chez eux. Les africains attendent du président américain mieux que le discours, des actes pour ancrer solidement la démocratie sur le continent. L’esprit complaisant des présidents Obama et Hollande à l’endroit des dictateurs africains ferait remuer le défunt président Mandela dans sa tombe. L’avocat de la dignité humaine leur aurait requis plus que de la compassion pour les opprimés. Ces derniers, par millions, en silence, loin des caméras, pleurent sa disparition ; dans un élan d’espoir, ensemble ils crient la promesse de résister.

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