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avril - 2014
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Djibouti77

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En direct de la RTD, le ministre de l’intérieur Hassan Darar Houffaneh annonce les résultats ...
Qui ne se souvient pas de Jim’ale et de sa société " Investors Group" ?   Celui-là ...
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L’histoire récente rapporte qu’en Cote d’Ivoire la folie du camp Gbagbo et le sacrilège d’un ...

Archive for the ‘Actualités’ Category

Les illuminés qui nous gouvernent

Posted by HANAD On avril - 15 - 2014 ADD COMMENTS

Curieuse fréquentation que celle qui unit le monde politique à celui des praticiens de la magie noire.

Le monde politique est peuplé de ces hommes et femmes qui exercent le pouvoir ou qui aspirent à l’occuper. Ils sont adulés, craints et respectés pour leurs leaderships. Ils appartiennent à la crème de la société.

L’autre communauté regroupe des marginaux qui se méfient du reste . On leur prête une force surnaturelle leur permettant de percer dans le mystère du destin. Cette hypothétique aptitude les dote d’un pouvoir d’information leur permettant de dominer le reste des hommes.

L’un incarne la raison. L’autre manie l’irrationnel. L’un use de la pédagogie et se fixe des objectifs. Tandis que l’autre cultive le mystère et il ne se sent lier d’aucun engagement de résultat dans ce qu’il entreprend .

Ces deux familles du genre humain, tout les éloigne et rien ne les assemble. Cependant elles se côtoient discrètement comme des amants en quête des relations adultérines. Un politicien qui tient à sa carrière dispose d’un griot ou d’un marabout lui permettant de naviguer dans le mauvais temps ,pense-t-on si bas. Il le consulte et obéit à ses consignes quitte à commettre un pécher. La religion musulmane interdit l’usage de la magie noire parce qu’elle pousse l’homme à des comportements abjects.

Les anecdotes en la matière pullulent. Elles font des hommes politiques la risée de la société civile. Le thème avait inspiré, il y’a plusieurs années ,le groupe musical Degane qui a réalisé des sketches sur la réaction des hommes politiques à la veille d’un changement gouvernemental. Ils jouent sur la scène, des sortants et des prétendants aux postes, envahissant les habitations austères des voyants qui tranchent avec les conforts de leurs salons douillets dédiés au seul broutage. Les acteurs du groupe Degane terminent par des vaticinatrices leur annonçant tous, de bonnes prédictions sans rapport avec la vingtaine de places à pourvoir. Le groupe Degane qui a déjà subi le courroux du régime pour des persiflages personnalisés, n’a pas osé cette fois franchir le pas pour enrichir son répertoire satirique. Mêmes ses plus belles prestations pour accompagner les différentes étapes du processus de la réconciliation somalienne d’Arta n’ont pas calmé la colère du pouvoir. Quinze ans durant, Degane a connu les affres de l’isolement. La RTD n’a jamais accompagné ces jeunes talents et le groupe a été rarement convié pour se produire dans des manifestations publiques. Pour rompre avec les effets de cette perpétuelle sanction, le groupe a choisi la dislocation en se débarrassant de ses anciens membres. Degane dans sa nouvelle parure s’est adjoint de services d’artistes somaliens rompus aux danses du ventre, pour se jeter corps et âme dans l’adulation. Dans sa quête du pardon, le nouveau Degane issu du clonage s’est surpassé en accouchant la chanson phare du 3eme mandat, avant de se donner la mort. L’affaire Degane en dit long sur le rapport du régime avec la culture. Le pouvoir ne conçoit pas la culture autrement qu’un vil instrument au service de sa propagande . Malheureusement, les artistes ne peuvent pas user librement, du rire et de la dérision, pour éduquer la société et l’inciter à un changement des moeurs.

Mais la nature a horreur du vide. Là où les artistes n’accomplissent pas leur mission, les dérives superstitieuses des dirigeants se transmettent de bouches à oreilles. Et parmi ces histoires qui se chuchotent, trois d’entre elles occupent les places de choix dans le top dix.

Un ancien riche commerçant attribuerait sa chute à son ami candidat. Ce dernier aurait appris d’une voyante que son futur adversaire proviendrait de la tribu de son ami commerçant. Croyant que la menace ne viendrait que de son ami commerçant, seul nanti de moyens nécessaires pour se hisser contre lui, le candidat aurait orchestré la faillite du commerçant. Peine perdue, car au final, le candidat a affronté une autre personnalité de la tribu de son ami commerçant désormais dans la misère.

Pour maitriser un jeune commerçant devenu riche avec l’aide du pouvoir, une dizaine de moutons rendue aveugle a été relâchée dans sa cour. La magie n’aurait pas fonctionné ; le commerçant n’aurait jamais renoncé à apporter son appui financier ou matériel à l’adversaire.

A chaque élection, les candidats feraient venir de l’étranger des hommes barbus dont la seule présence à leur côté provoque des frissons. A distance, ils sont commis de livrer des batailles qui ne font jamais de dégâts apparents. Ils persuadent de contenir d’ invisibles missiles des ennemis. Ils tuent alors des animaux pour marabouter Djibouti. Ils aspergent du sang d’animaux sur les candidats. Puis les carcasses impropres à la consommation finissent par polluer la mer.

Des pratiques animistes qui ne provoquent que du gâchis. De la magie noire qui induit ceux qui en font l’usage dans des erreurs irrémédiables. Des actes de sacrilège qui éloignent leurs auteurs de valeureux préceptes qui fondent la religion musulmane. Des efforts improductifs qui n’ont jamais aidé le pouvoir à résoudre une quelconque crise politique ou sociale. A ces illuminés qui croient en l’efficacité de la magie noire , on les invite à méditer sur l’histoire du Pharaon et du prophète Moussa. Sur les conseils de « ses couhanes » , le pharaon a supprimé des enfants innocents sans inquiéter le prophète Moussa qui a vécu et grandi dans sa cour avant d’entraîner sa chute.

Cri de cœur

Posted by Bilawal Guedid On avril - 2 - 2014 ADD COMMENTS

C’est un cri qui émerge de la conscience collective . Un cri de cœur citoyen pour un retour à la norme. Et l’occasion se présente ; c’est l’USN qui l’offre. Le président de la république le reconnaît. Il vient de déclarer sur les pages de Jeune Afrique que l’USN aurait accepté de renoncer à la réclamation des sièges supplémentaires à l’assemblée en échange d’une profonde réforme démocratique. A l’USN , le langage est un peu plus nuancé. L’opposition accepte sans condition de travailler avec le gouvernement sur le volet de la réforme pour établir un climat de confiance qui permettrait d’enchaîner sur le différend électoral. Tout laisse à croire que l’USN a décidé de conclure une paix de braves telle qu’elle est annoncée par le président. La poursuite du dialogue qui s’ensuivrait est destinée à calmer la hargne des extrémistes.

Ce nouveau développement dans la crise électorale qui dure maintenant plus de 13 mois est décisif. Il lève tout hypothèque sur le dialogue et il met l’entente à la portée des parties. Il repose sur le principe d’un échange du renoncement à la victoire électorale contre des mesures de bonne gouvernance démocratique. A priori , les sacrifices consentis par l’USN sont énormes ; ils sont disproportionnés par rapport à ses demandes. Cependant la victoire électorale de l’USN ne fait pas de doute. Le président de la république est incapable d’étayer la prétendue victoire de sa majorité par la publication des résultats par bureaux de vote. L’USN détient les résultats des bureaux de vote tels que rendus publics et signés de leurs propres mains par les présidents de bureaux de vote. Pour taire les revendications populaires tendant à la restitution de cette victoire électorale spoliée au grand jour, l’USN a subi et continue à subir de la plus féroce répression avec ses lots de décès, de blessés, de détenus, de licenciés , de spoliés et des humiliés. Les concessions politiques que l’USN a exigées pour solder la crise ne sont pas insurmontables. Il s’agit de l’accès à la presse publique, de la reconnaissance de MODEL comme parti politique, du statut de l’opposition et de la création d’une commission électorale nationale indépendante pour gérer les élections. Le droit d’utiliser le média publique pour les partis politiques est reconnu par la loi organique sur les partis politiques et l’admission de MODEL comme parti politique pourrait trouver une issue favorable dans l’application objective de la loi relative aux partis politiques. Le statut de l’opposition est rendu nécessaire par la présence de députés de l’opposition à l’assemblée nationale. Il définit la manière dont la majorité veut faire jouer à l’opposition son rôle démocratique de contrôle. Ce n’est pas un cadeau mais plutôt un moyen pour la majorité de légitimer son action. Quant à la mise en place d’une CENI en charge de la gestion des élections et différente de la CENI en vigueur actuellement, le président de la république s’est déjà engagé à la créer. La République de Djibouti a signé en 2007 la charte africaine de la démocratie , des élections et de la gouvernance. Puis elle a ratifié cette charte par une loi du 28 octobre 2012. Cette charte s’applique donc pleinement à Djibouti depuis le 28 octobre2012, date où le président a signé la loi de ratification. Cette charte exige que la gestion des élections soit confiée à des organes indépendants. Le ministre de l’intérieur ne peut plus donc s’occuper des élections depuis le 28 octobre 2012. Les élections que le ministre de l’intérieur a déjà organisées comme les législatives du 22 février 2013 ou celles qu’il aura à gérer ultérieurement sont illégales. Elles ne présentent aucune valeur juridique au regard de la loi au même titre que les élections qui seraient gérées par tout autre autorité dépendant du pouvoir. La CENI telle qu’elle existe à Djibouti ne gère pas les élections ;, elle contrôle les opérations électorales selon l’article 40 de la loi organique sur les élections. La CENI djiboutienne assure un rôle d’observateur et à la fin des élections elle exprime son opinion dans un rapport au président de la république.

A la lumière de ces explications , il est aisé de comprendre combien les propositions de l’USN sont louables. Leur démarche est responsable et elle met en valeur leur attachement à l’honneur et à la stabilité du pays. L’initiative de l’USN force le président de la république à l’apaisement. Tout homme normalement constitué n’aurait, à sa place, éprouvé l’envie de repousser cette paix servie sur un plateau d’argent. A quoi rimerait d’endosser le costume du piètre intransigeant chopé dans son projet de récidiver le coup de 2013 en 2016 ; il entonne pourtant la fin de sa mission à la tête de l’Etat dans deux ans. Désemparé, on serait tenté de voir dans le fait de décliner ce deal, un effet de manches, mais avec une fois de plus l’inévitable question : dans quel but ?

Une chose est certaine . Un manque d’inspiration( de la part du président de la république) radicaliserait la position de l’USN qui entreprendrait alors le démarchage pour obtenir la sanction du régime et la reconnaissance internationale de sa légitimité. Pourvu qu’il en soit évité !

RPP : au crépuscule d’ une riche existence ( 3ème partie)

Posted by WAYEEL On mars - 23 - 2014 ADD COMMENTS

Une course effrénée pour renouer le fil de la paix s’est engagée. Jamais des leaders politiques afars n’ont été autant courtisés pour initier le processus de la paix. Une situation qui n’est pas sans créer une surenchère et qui a conduit le RPP d’engager les pourparlers de paix avec le commandement militaire du FRUD. Ils ont abouti sur la conclusion d’une armistice à laquelle les signataires ont dotée d’un habillage politique en y insérant des mesures de recrutements, de réhabilitations des régions affectées par la guerre, d’amnistie et de décentralisation de pouvoirs. L’accord a mis fin au conflit armé sur le territoire.

Le RPP peut se targuer d’un choix judicieux dans ce partenaire efficace. Mais d’aucun n’ignore qu’avec cette approche purement sécuritaire dans la résolution d’une crise multidimensionnelle, le RPP a primé la paix du plus fort sur la paix de braves. La paix de braves implique une aptitude à dialoguer avec tous les acteurs sans ostraciser et une lucidité d’adhérer à des résolutions d’intérêt général. Dans sa démarche de réconciliation, le RPP a écarté la direction politique du FRUD et les deux partis de l’opposition ( PRD et PND) pour éviter le sujet qui fâche. Il n’était pas disposé à reformer le système ultra-présidentiel en répartissant au mieux le pouvoir entre les différentes institutions de l’Etat (entre le président, le gouvernement et l’assemblée nationale). Le FRUD a adopté sans chercher à dompter le système politique en vigueur. C’était le prix à payer pour éclipser la génération d’hommes qui a régné sur l’échiquier politique depuis les années 50 et de propulser une nouvelle vague des politiciens. Ainsi le FRUD version parti politique s’est allié au RPP pour participer au gouvernement et intégrer plus tard dans la majorité parlementaire acquise au président.

Le RPP n’a Point connu de répit. L’extinction de ce foyer de tensions a actionné l’émergence de nombreuses crises latentes. Elles sont restées enfouies jusqu’à là, pour des impératifs liés aux menaces d’insécurité qui pesaient encore sur le pays.

Sans tarder, une dispute sur fond de luttes d’influences a éclaté entre deux courants du RPP. Ce qui au départ ressemblait à une querelle de clocher s’est très vite transformé en une véritable crise que le seul règlement du parti n’a pas pu absorber. Dans un parti politique démocratiquement constitué, ses courants pluriels sont perçus comme une richesse et les ambitions personnelles sont portées à l’appréciation des adhérents. Au RPP, face à l’épreuve le naturel revient au galop. La crise s’est donc résolue dans la douleur avec l’exclusion des barrons historiques qui ont fortement marqué l’existence du parti et la vie de l’Etat. Ces personnalités ont subi à la fois la disgrâce, la prison et la perte des droits civiques. Le cumul et la disproportion des sanctions révèlent des traits nouveaux d’une culture de l’intolérance, au sein d’une société traditionnellement douée du sens de la pondération.

Toujours est il que la dissidence de ces membres influents est intervenue à un moment où le RPP se débattait dans une grave crise économique et sociale. Les efforts de la guerre alliés aux écueils de la mal gestion ont mis l’Etat en faillite. L’abîme sollicitait les traitements lourds qu’en ce temps le FMI prescrivait en panacée aux pays africains. Le comble de l’ironie, c’est que deux décennies plus tard, les pays européens sont contraints à leurs tours, de goûter à la cruauté de la politique monétariste fondée sur les coupes budgétaires. Avec cette différence de pouvoir faire entendre leurs gémissements et de recevoir en échange la compassion de la communauté internationale. Cette parenthèse étant, si on revenait au cas de Djibouti à cette époque là. L’économie était en récession. L’Etat, après avoir asséché les réserves de ses établissements publiques pour financer ses déficits récurrents, croulait encore sous le poids de la dette. Il avait cessé de répondre à toutes ses obligations vis-à-vis de ses salariés, de ses fournisseurs publics ou privés et de toutes les personnes l’ayant mandaté en tant qu’agent de recouvrement. Le pays manquait de l’eau et de l’électricité. Les secteurs de la santé et de l’éducation sombraient faute de moyens. Le chômage grandissant ne laissait d’autre espoir en perspective que l’émigration.

Pour inverser cette situation, le RPP a engagé le pays dans des programmes d’ajustements qui ont duré une dizaine d’années , avec l’assistance du FMI . Ils poursuivaient les objectifs d’une politique fiscale restaurant les équilibres de grands comptes de la nation et la compétitivité du pays.

A suivre

Condoléances aux familles des soldats djiboutiens HILL

Posted by HARBI On mars - 21 - 2014 ADD COMMENTS

Djiboui77 adresse ses condoléances les plus attristés aux familles et aux amis de nos soldas HILL et ceux de l’AMISOM, en général, tombés en Somalie ; Inalillah wa inaa ilayhi raajicuun.

Nous souhaitons également un prompt rétablissement à nos soldas et aux soldats d l’Amisom,

 Nous souhaitons que la paix règne enfin en Somalie et partout dans le monde.

 AMIN.

RPP : au crépuscule d’une riche existence ( 2eme partie)

Posted by WAYEEL On mars - 11 - 2014 ADD COMMENTS

La détente était palpable. Comme par miracle, le RPP a arboré la soutane de la bienfaisance pour persuader de sa sincérité à basculer définitivement dans l’ère démocratique. Ses responsables politiques se sont aussitôt glissés dans la peau du tout nouveau dirigeant, libéral et tolérant d’esprit. Les plus malins d’entre eux s’en sont défendus en se référant à l’histoire du pays ; ils ont refusé à s’attarder sur des séances de rééducations dans l’antichambre de la démocratie pour se départir de l’instinct d’autoritaire et d’omnipotence. Ils se disaient en phase avec le temps moderne en recouvrant tout simplement leur reflexe naturel d’antan.

Les partis de l’opposition jouaient le jeu à fond. Ils n’entendaient pas abandonner au pouvoir un millimètre de leur espace démocratique. On assistait à un foisonnement des journaux partisans ou indépendants. La presse étatique ne voulait pas rester en dehors du changement ; elle s’efforçait de remplir ses missions de service public. Toutefois ce tableau idyllique comporte de nombreux points sombres. Le pouvoir ne loge pas toutes les libertés publiques à la même enseigne. Par malédiction ou par paranoïa , l’exercice de la liberté de manifestation l’irrite. Un rassemblement de l’opposition au lendemain des élections législatives du 18 décembre 1992, pour protester contre les résultats du législatif, a été sauvagement réprimé. Une manifestation à Arhiba a tourné au drame. Ses habitants vibraient au gré des avantages du FRUD sur les théâtres des opérations et vivaient la présence des agents de l’ordre comme une force d’occupation. L’ inévitable affrontement à Arhiba a éclaté ; il a donné lieu à de nombreux blessés, un mort du côté des agents du peloton de la garde présidentielle et un carnage des civils. D’aucun n’a tenu rigueur le RPP pour ces graves atteintes et bien d’autres entorses mineures car l’introduction de la démocratie était encore trop récente. Il fallait au pouvoir du temps pour réussir sa pleine conversion dans la bonne gouvernance. L’offrande n’était pas de trop ? La soif de justice des ayants-droits des victimes n’a jamais étanchée. Toujours est-il que ces exactions n’ont diminué en rien à cette nouvelle légitimité que le RPP tirait de la réforme. Le parti en avait bien besoin pour la suite des actions qu’il projetait. Sans tarder le RPP s’est lancé dans une campagne de recrutements pour constituer une armée forte de vingt mille hommes composée essentiellement de pasteurs issas de l’Ethiopie. Simultanément , le pouvoir a acquis de nouvelles armes en quantité pour doter ses hommes d’une puissance de feu largement supérieure à celle de l’adversaire. Après les préparatifs d’usage, le RPP a lancé ses troupes contre les possessions du FRUD. Les opérations ont duré peu de temps et en moins de deux mois les combattants du FRUD abandonnèrent l’ensemble de ses positions. Ces victoires militaires ont permis au RPP de rétablir l’intégrité territoriale et d’ asseoir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays.

Mais cette guerre n’a pas été sans laisser des traces. Fratricide, elle a opposé des djiboutiens. Ensemble les djiboutiens pleuraient leurs morts et compatissaient dans la douleur. Dans les quartiers de la capitale, les tentes pour les cérémonies funéraires s’échangeaient et les familles éplorées se consolaient mutuellement. Les disparitions affectaient des voisins, des amis ou des membres de familles ayant des liens directs ou indirects. Toutes les aberrations de la guerre civile s’abattaient sur cette petite cité où tout le monde connaît qui est qui et qui fait quoi. La lassitude de la guerre était lisible sur tous les fronts ; l’aspiration à la paix demeurait unanime. L’environnement était cette fois-ci favorable à la médiation car depuis l’intermédiation française la configuration sur le terrain a beaucoup évolué. La victoire militaire des forces armées nationales était totale mais les combattants du FRUD n’avaient pas dit leur dernier mot. Ils disposaient plus d’une solution de rechange quelque part dans un de nombreux plis de leur serviette pour exténuer l’adversaire. L’issue aurait été incertaine et plus personne ne souhaitait aboutir sur une situation chaotique, un scénario à la somalie. L’heure était à la tractation et les plus futés anticipaient sur la solution d’une sortie de crise. Chaque politicien sortait son petit carnet d’adresses et usait de ses connaissances pour nouer les premiers contacts entre les parties.

A suivre

RPP : Au crépuscule d’une riche existence (1ère Partie)

Posted by WAYEEL On mars - 6 - 2014 ADD COMMENTS

Jadis, le RPP a vécu une épopée. Une épopée qui a duré longtemps, 32 ans durant, avant d’amorcer une descente à l’enfer. Depuis 2012 , le Rassemblement Populaire pour le Progrès a cessé de naviguer, comme jadis, sur des eaux tranquilles. Des défaites électorales ont jalonné ses trois dernières années d’existence et le RPP vit mal cette déficience immunitaire qui l’affecte gravement. La posture inédite du RPP face aux aspirations démocratiques du peuple est pathétique. La confiscation de la victoire de l’USN et l’emploi de la répression comme seule réponse aux revendications populaires discréditent sérieusement la foi du RPP dans l’ordre constitutionnel. Ils menacent la stabilité politique du pays dont certains observateurs n’hésitent plus à évoquer l’implosion.

Fondé en 1979, à moins de deux ans après l’indépendance du pays, le RPP compte dans sa lignée d’illustres descendants comme le LPAI, le FLCS, l’UNI et les treize parlementaires dissidents. Le RPP fut animé du souci de dépasser les clivages nés de la lutte pour l’indépendance. Les fondateurs lui assignèrent l’unité des djiboutiens et des djiboutiennes pour l’édification de la paix et du progrès. La pérennisation du nouvel Etat était sujette à caution. A l’orée de l’indépendance, certains prophétisaient déjà sur l’incapacité de deux ethnies principales du pays à ériger une nation en paix avec les voisins et susceptible de relever tous les défis du développement.

Mais en 1981, les responsables du RPP vont être tentés par ce qui se passe ailleurs en Afrique. Ils vont franchir le pas et asseoir la prééminence de leur pouvoir en suspendant le multipartisme et l’exercice de toutes les libertés publiques. Cette funeste loi de la mobilisation est venue interrompre la culture démocratique qui avait prévalu sur le territoire depuis 1946 . Il s’ensuivit deux décennies de parti unique relativement calmes, ponctués par deux attentats sanglants. Ni la cause, ni les auteurs de l’attentat du café de paris n’ont jamais été élucidés. Tandis que l’investigation de l’explosion perpétrée au café de l’Historil ; elle n’a souffert d’aucune zone d’ombre à l’exception de la libération prématurée consentie au condamné à vie. Aussi La période se caractérise par le début d’une lutte intestine au sein du pouvoir qui aboutit sur la marginalisation systématique de tous les hommes politiques soupçonnés de velléités démocratiques. Sur le plan économique, l’afflux de l’aide internationale permet d’ entamer la construction du nouvel Etat dans de bonnes conditions. La coopération technique française encadre le fonctionnement de l’Etat pour maintenir la qualité des services publics.

Dans ce contexte de parti unique qui ne laissait place à aucun débat démocratique, le RPP n’a pas pu anticiper sur la résurgence du nationalisme issue de la fin de la guerre froide et de la chute du mur de Berlin. Dans notre région, la fin du monde multipolaire a coïncidé avec l’implosion de deux superpuissances. La débâcle des armées Ethiopiennes et Somaliennes a donné lieu, sur leurs territoires, à l’abandon d’innombrables armes de tout genre entre les mains des groupes d’individus désœuvrés rompus aux maniements des armes. Des djiboutiens ont trouvé leurs comptes pour défaire l’Etat-Parti. Ils se sont attachés aux services de ces groupes éthiopiens pour faire de Djibouti l’arrière base du Triangle Afar. Le FRUD a très vite conquis toutes les zones rurales du nord et du sud-ouest en dehors de leurs chefs-lieux respectifs, avant d’accepter l’interposition française entre les forces concurrentes. Trois années de répit se sont ainsi écoulées. Le RPP en a profité pour introduire le multipartisme sous la pression de la communauté internationale et dans le but de couper les herbes sous les pieds du FRUD qui avait fait de l’absence démocratique le principal motif de l’invasion. Le RPP rédigea un projet de constitution limitant les partis à quatre puis le fit avaliser par le referendum du 4 septembre 1992. EN décembre de la même année et en avril 1993, le RPP remporta successivement ses premières élections multipartites législatives et présidentielles de l’histoire, face à une opposition naissante. Leurs scores furent encourageants. Les fortes participations furent à la mesure de l’avènement démocratique.

Ouverture politique à Djibouti: l’opposition veut des engagements écrits du président

Posted by WAYEEL On février - 6 - 2014 ADD COMMENTS

L’opposition djiboutienne salue l’ouverture du dialogue entre le président Ismaïl Omar Guelleh et la coalition de l’opposition. Le 1er février dernier, le chef de l’Etat recevait le vice-président de l’USN, l’Union pour le salut national, Adan Mohamed Abdou, pour tenter de sortir le pays de la crise politique engendrée par la contestation des élections de février 2013.

L’opposition a reçu des engagements verbaux du chef de l’Etat mais souhaite des engagements écrits car elle redoute que celui-ci ne se serve de ce dialogue pour redorer son blason auprès de la communauté internationale à l’approche d’échéances majeures, telles que le sommet Afrique-Europe début avril.

Ecouter la suite sur RFI- Ouverture politique à Djibouti

Djibouti : des militants de l’opposition se filment en prison

Posted by hallato On janvier - 17 - 2014 ADD COMMENTS
À Djibouti, les militants de l’opposition sont régulièrement interpellés, mais pour la première fois, des leaders du parti de l’Union pour le salut (USN) ont réussi à se filmer à l’intérieur d’un centre de détention.
53 opposants ont été arrêtés le jeudi 16 janvier alors qu’ils étaient en réunion au siège de leur parti pour préparer la célébration du premier anniversaire de la création de la coalition d’opposition. Les membres arrêtés ont été emmenés au centre de rétention administratif de Nagad, à la périphérie de Djibouti.
Arrestation des opposants, photo postée sur Twitter par @DjiboutiMRD
Quelques heures après leur libération, ces vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Elles ont été tournées à l’intérieur du centre de rétention où les opposants ont passé sept heures. Bien qu’elles ne soient pas de bonne qualité, on reconnaît sur ces images quelques figures de l’opposition, notamment Daher Ahmed Farah (à 0’15 dans la vidéo ci-dessous). Lire la suite surhttp://observers.france24.com/
Vous pouvez nous suivre sur @Djibouti771 

Sur l’autel de la peur

Posted by Bilawal Guedid On décembre - 24 - 2013 ADD COMMENTS

L’espoir d’un monde meilleur né de la fin de la guerre froide s’est très tôt brisé sur les écueils de l’insoluble crise Israélo- palestinienne qui s’est propagée comme une onde au delà de leurs frontières.

L’enterrement des accords d’Oslo et l’extinction de l’idée d’une paix bâtie sur un échange entre la sécurité israélienne et la souveraineté palestinienne ont entraîné la radicalisation de différents protagonistes. L’intransigeance israélienne et la partialité du pouvoir des conservateurs américains ont provoqué la haine et la rancœur dans le camps des opprimés. Naturellement, le radicalisme des uns attire, tel un aimant, l’extrémisme chez la partie adverse en éclipsant toutes les voix de la modération. Il en a résulté l’émergence d’une nouvelle résistance arabe décidée à internationaliser le conflit en s’attaquant aux intérêts des israéliens et de ses alliés partout où ils se trouvent. Les attaques meurtrières contre le World Trade Center et les représailles américaines consécutives ont plongé le monde dans plus d’une décennie d’insécurité.

Et dans ce monde postérieur aux tristes attentats du 11 septembre 2001, les simples gestes de voyager en avion ou de téléphoner sont devenus périlleux. Partout l’homme est dans l’enfer. Il doit affronter la peur due aux attentats et lutter contre les affres des fausses antidotes liberticides. Parmi les libertés ainsi sacrifiées figure en place de choix, la fin du droit à l’intimité. Partout l’homme est épié dans ses actions comme dans ses paroles. Si l’on croît aux dernières révélations, les écoutes téléphoniques affectent tout le monde, les dirigeants comme les simples citoyens de cette terre et les hommes suspects comme les honnêtes gens. Les dérives de ce qui n’a été au départ que de simples procédés sécuritaires n’épargnent plus personne. Ces écoutes n’ont cependant pas permis jusqu’à là de déjouer un quelconque attentat soutient Julian Lassange pour dénoncer une diversion dans cette liberté sacrifiée sur l’autel de la peur. Mais à l’occident, il y’a de bonnes raisons d’espérer la fin des excès, à l’image de procès retentissants qui en Grande Bretagne et en France, ont respectivement secoué la presse et la classe politique.

Par contre, le constat est plutôt préoccupant dans ces nombreuses républiques de façade qui ont acquis cette technologie pour en faire un usage peu compatible avec la morale et en contradiction avec l’intérêt général. Les dirigeants de ces pays invoquent les pratiques liberticides outre atlantiques pour justifier leur propension au mal. Ils oublient qu’en réalité la vie de cette législation contraignante adoptée dans un accès sécuritaire reste cependant sous le contrôle d’un média libre, d’une société civile structurée et d’une justice vaillante. Mais dans ces semblants de républiques qui excellent par la réduction de tout ce qui peut fonder un contre-pouvoir; les écoutes téléphoniques veillent à la pérennisation du système. Elles constituent un instrument de domination supplémentaire bénéficiant de l’impunité et prospérant dans l’indifférence des citoyens. Les personnes qui opèrent dans ce secteur d’activité sont triées sur le volet et obéissent à un pouvoir occulte distinct de l’autorité officielle assurant de faire-valoir. Ces acteurs spéciaux réalisent des écoutes à tours de bras sans se référer à des normes de rigueur. Les cibles appartiennent à l’opposition, au cercle du pouvoir jugé indépendant d’esprit, aux hauts commis de l’Etat et aux citoyens de tous les âges. On écoute les proses lyriques des amoureux, les complaintes des amants, les scènes de ménages, les bavardages mondains de la gent féminine et les petits secrets monopolistiques des professionnels du commerce, pour leurs activités subversives contre l’Etat (sic.). Les anecdotes autour de ces écoutes discréditent le pouvoir : un tel a un ami au centre qui lui a rapporté les propos d’un ami qui l’a descendu en son absence ou des fuites carrément sur le web révélant l’état des relations conjugales ou extra conjugales d’adversaires politiques. On s’en sert n’importe comment et dans tous les cas pour nuire . Mais il arrive aussi que des esprits malsains parviennent à manipuler le pouvoir au travers de simulacre de conversations interceptées quand ce n’est pas le pouvoir lui-même qui en est à l’origine.

L’ennui dans ces pays à faible pouvoir institutionnel, c’est aussi l’apathie qui frappe la justice et le parlement. La première condamne sur la base des écoutes réalisées à son insu et le second n’ose pas se saisir pour légiférer sur le moyen de concilier la sécurité avec le respect du droit à l’intimité.

La disparition d’un géant

Posted by Bilawal Guedid On décembre - 11 - 2013 ADD COMMENTS

Sa renommée dépasse le continent; elle est devenue planétaire. Il l’a acquise par la noblesse de la cause qui lui a valu des sacrifices au delà de la limite que l’on aurait imposée à un homme. Cette réputation lui a été décernée en hommage à son courage inouï qu’il a puisé dans les tréfonds de l’idéal humaniste. L’homme a combattu la plus féroce machine de domination par la force de l’âme. Nelson Mandela a voué son existence au service de la dignité humaine. L’humanité pleure sa disparition ; les drapeaux  sont en berne. Tout au long de sa vie, la morale a guidé son pas de militant  et son acte de dirigeant. Il s’est révolté contre la domination raciale. Le prisonnier battu et humilié par les forces racistes du pouvoir boers a plaidé devant le juge sa réprobation de toute discrimination fondée sur la couleur des gens. Il n’a jamais considéré comme une fatalité la famine, le chômage et les maladies : tous ces fléaux qui dégradent la dignité humaine. Même après son retrait du pouvoir, il s’est refusé de couler dans une retraite tranquille en s’engageant dans la lutte contre le sida.

Ses qualités de dirigeant sont exemptes de souillures. Toutes ses décisions et tous ses actes ont visé à sceller la société arc-en-ciel qu’il avait rêvée depuis . Il l’a bâtie sur la tolérance pour extirper la haine séculaire qui avait séparé ses principales composantes, non sans peine et dans une conjoncture particulièrement explosive. A chaque instant où elle commençait à tanguer, l’intervention de l’architecte l’a poussée hors du danger. Il a innové un procédé inédit pour souder à grande échelle  les liens entre les bourreaux d’hier et ses victimes. La commission nationale de réconciliation confiée au prix Nobel Desmond Tutu ne connaît pas d’approche analogue dans les annales de l’histoire de l’humanité. Elle a fondé toute sa thérapie sur l’échange entre la repentance des auteurs et l’humilité des victimes.

Dans  la conduite des affaires de l’Etat, Nelson Mandela s’est affranchi de la règle de la bonne fréquentation résultant du nouvel ordre mondial en invitant chez lui des chefs d’Etats parias anciennement acquis à la cause de l’ANC. En accueillant le président Fidel Castro à Pretoria, Nelson Mandela a prouvé au monde que les relations des Etats peuvent transcender les intérêts réciproques du moment et relever de la seule dévotion à l’amitié. Tout le monde se souvient de sa célèbre déclaration en soutien à la lutte des palestiniens : « la liberté du peuple Sud Africain ne sera pas complète sans la liberté des Palestiniens ».  Pour dompter le pouvoir à ce point et l’assujettir à la rigueur de la morale, l’exercice doit être désintéressé. Le président Mandela a fait preuve de détachement par rapport au pouvoir tout au long de cinq années qu’il a présidé aux destinées de l’Afrique du Sud. Il a donné au nouvel Etat postapartheid toute la splendeur qu’il méritait. Et après ce premier et seul mandat présidentiel, Mandela a sorti cette prouesse dont il a le secret et par laquelle il prend tout le monde de court. Au sommet de la gloire, Le président Mandela argue qu’il s’était battu pour la liberté et non pour le pouvoir ; puis il annonce sa retraite. Quel beau geste ! Mandela vient au secours de l’image égoïste des dirigeants africains qui ont coutume de verser dans l’indignité pour s’agglutiner au pouvoir. Un précieux enseignement pour un continent qui souffre des effets du déficit démocratique et de la culte de pouvoir qui affecte ses dirigeants. La conférence de l’Elysée dédiée à la paix et à la sécurité en Afrique a failli en se consacrant seulement à la gestion de  la crise sans se pencher sur les voies et moyens pour prévenir la crise qui découle essentiellement de procédés d’accès et de gestion du pouvoir. Le président Obama , mieux au fait de la tare de régimes africains, s’est contenté de stigmatiser les dirigeants africains qui se réclament de Mandela tout en pourchassant l’opposition chez eux. Les africains attendent du président américain mieux que le discours, des actes pour ancrer solidement la démocratie sur le continent. L’esprit complaisant des présidents Obama et Hollande à l’endroit des dictateurs africains ferait remuer le défunt  président Mandela dans sa tombe. L’avocat de la dignité humaine leur aurait requis plus que de la compassion pour les opprimés. Ces derniers, par millions, en silence, loin des caméras, pleurent sa disparition ; dans un élan d’espoir, ensemble ils crient la promesse de résister.

15 Citations de Nelson Mandela

Posted by HARBI On décembre - 6 - 2013 ADD COMMENTS

Nelson Mandela, le célèbre prix Nobel de la paix 1993; est mort à l’age de 95 ans. Il est le seul homme politique au monde à avoir libéré son pays sans effusion de sang. C’est l’un des symboles de la sagesse dans le monde.

« Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur », a déclaré le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon

Voici 15 citations de Nelson Mandela, qui, espérons-nous, réveilleraient peut être quelques consciences ici ou ailleurs dans le monde:

1. Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.

2.Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit.

3.C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense

4.En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant.

5.Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé.

6.les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes conséquences.

7.Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès.

8.Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.

9.L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde.

10.La prison et les autorités conspirent pour dépouiller chacun de se dignité. Cela en soi m’a permis de survivre…..Je suis fondamentalement optimiste….se laisser aller au désespoir mène à la défaite et à la mort.

11.C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réalise le mieux à quel point on a changé.

12.(…) la lutte pour la liberté ne consistait pas seulement à faire des discours, à tenir des meetings, à faire passer des résolutions et à envoyer des délégations: il fallait aussi une organisation méticuleuse, des actions militantes de masse, et par-dessus tout, la volonté de souffrir et de se sacrifier.

13.J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.

14.On m’a souvent demandé «Qui est votre héros?» et je réponds: je ne choisis pas mon héros en fonction de la position qu’il occupe. Mes héros sont ces hommes et ces femmes qui se sont impliqués pour combattre la pauvreté où qu’elle soit dans le monde.

15.Cancaner sur les autres est certainement un défaut, mais c’est une vertu quand c’est appliqué à soi-même.

 

Le décret de trop !

Posted by samaleh On octobre - 23 - 2013 ADD COMMENTS

Le 2 septembre 2013 le président de la république a signé le décret n°2012-235/PR/MI portant déchéance de la nationalité djiboutienne à l’encontre de monsieur Mohamed Daher Robleh qui, je cite, «  a proferé à l’égard de Djibouti des actes incompatibles aux intérêts de la République ».

Selon les auteurs, le décret s’appuie sur « l’article 34 de la loi du 24 octobre 1981 portant code de la nationalité djiboutienne modifié par la loi n°79 du 24 octobre 2004 ».

 En réalité ce décret présidentiel n’est pas correct d’un point de vue du droit ; il est illégal. Politiquement , il reste dangereux.

En effet ce genre d’acte administratif, du fait de l’impact qu’il peut avoir sur la victime, répond à des conditions de transparence facilitant sa compréhension et justifiant sa régularité. Ainsi il doit préciser clairement les faits qui ont poussé l’autorité administrative à prendre la décision. La lecture de ce décret n’explicite en rien sur les faits qui sont reprochés à Mohamed Daher. Il y’a même une confusion dans la nature des reproches qui sont retenues contre lui ; on ne comprend pas s’il s’agit des paroles ou des actes. Proférer en langue française signifie « parler clairement en articulant à voix haute ». Or tout laisse à penser qu’il s’agit « d’actes » jugés « incompatibles avec les intérêts de la République ». Le décret n’avance en rien sur la question de savoir en quoi consistent donc les actes commis ; il ne fournit aucune précision sur ce point. Ces lacunes sont graves car elles mettent la victime dans l’impossibilité de connaître les griefs qui lui ont valu cette sanction. Pire encore elles la mettent dans l’incapacité de se défendre ou d’éclairer l’autorité administrative.

Par ailleurs le décret se réfère au code de la nationalité résultant de la loi n°200 du 24 octobre 1981. Or il est établi que ce code de 1981 a été remplacé par le nouveau code de 2004 . Curieusement les rédacteurs ont omis de citer la loi n°79 du 24 juillet 2004 portant code de la nationalité djiboutienne dans la liste des textes que l’administration prétend avoir examiné avant de décreter. Volontairement  ou involontairement ? Une certitude  incontournable: le nouveau code de la nationalité djiboutienne de 2004 a abrogé l’article 34 de l’ancien code de 1981 autorisant le président de la république à retirer la nationalité  aux seuls djiboutiens naturalisés qui se livreraient à des actes préjudiciables aux intérêts djiboutiens. Le décret s’appuyant sur un article qui a disparu dans le nouveau code de la nationalité djiboutienne de 2004 est légalement considéré comme jamais intervenu et il est censé ne produire aucun effet à l’égard de la victime.

Sur le plan politique , la signature de ce décret induit une certaine insécurité. Son application impliquerait  une remise en cause des avancées qui sont nées du nouveau code de la nationalité djiboutienne  de 2004. En effet la loi n°79 du 24 juillet 2004 portant nouveau code de la nationalité djiboutienne a introduit quatre importantes réformes par la suppression pure et simple des articles 32 à 36 de l’ancienne loi de 1981 d’une part et par l’assouplissement de la condition d’acquisition de la nationalité par la filiation d’autre part. Le nouveau code a mis fin à la déchéance administrative de la nationalité djiboutienne pour le triple motif suivant : la détention d’une double nationalité, des actes de malveillances à l’endroit de la nation commis par des personnes naturalisées et enfin  la conclusion de tout contrat de travail avec un service étranger ou avec une organisation étrangère. Dans le même esprit d’ouverture, le nouveau code de la nationalité djiboutienne requiert désormais un seul parent djiboutien pour accéder à la nationalité par la filiation.

Ces nouvelles mesures ont soulagé de nombreux foyers qui se sont longtemps sentis exclus et injustement privés de leur appartenance à la communauté djiboutienne par la rigidité de l’ancien code de 1981 . L’initiative a été à l’époque saluée par les organisations humanitaires qui ont couvert Djibouti de tas d’éloges.

Ce décret marque une malencontreuse régression qui ne fait pas honneur au pays. Il constitue un grain de strabisme sur le beau visage de la réforme accomplie en 2004. Les circonstances actuelles qui prévalent au pays n’exonèrent pas le pouvoir du souci premier de tout gouvernement digne de ce nom, le respect de la légalité ; les règles sont faites pour fonctionner même en temps difficile.

Image lien   http://www.djibouti77.com/wp-content/uploads/2013/10/5.jpg

L’incertitude autour du dialogue (Republication)

Posted by Bahja On octobre - 10 - 2013 ADD COMMENTS

Cela fait trois mois (Aujourd’hui cela fait plus de 7 mois et 1/2)que l’USN endure stoïquement supplices, sacrifices, humiliations et déni de justice. Aux exactions d’un gouvernement décidé à faire consommer son holdup électoral par la force, l’USN a adopté une posture responsable, non violente et ferme. Mais l’autisme et le sadisme du gouvernement exacerbent un peu plus chaque jour le climat et rendent l’environnement peu propice à l’idée de rapprochement. C’est dans ce contexte que l’USN a pris son courage à quatre mains, en conviant le président de la république au dialogue. A cette main tendue, le porte parole du gouvernement, se prêtant à un excès de langage qui tranche avec son métier de diplomate, a opposé une fin de non recevoir.

Mais un peu moins de deux semaines, il s’est produit un coup de théâtre. Depuis Londres où il participait à la conférence pour la Somalie et à une réunion de travail avec des investisseurs, le président de la république a annoncé sa décision de dialoguer avec ses adversaires. L’environnement Londonien a positivement influencé le président de la république, qui semble t-il, a subitement recouvré toute sa lucidité. Les membres de la diaspora djiboutienne ont afflué à Londres pour lui signifier leur attachement aux valeurs démocratiques. Le premier ministre britannique l’a invité à respecter l’exercice des droits et libertés fondamentaux et à surmonter la crise post- électorale par des moyens pacifiques. Enfin, la réunion pour charmer les investisseurs étrangers s’est soldée par un échec. En dehors de quelques représentants des sociétés de la sécurité maritime, la communauté anglophone des affaires n’a pas fait le déplacement. Les déboires des investisseurs Emiratis et Koweitiens à Djibouti n’ont pas surement laissé cette communauté indifférente. Autant d’événements qui ont résolu le président à mieux apprécier la situation et à revenir à de meilleurs sentiments.

Mais à Djibouti, la nouvelle a fait l’effet d’une douche froide au sein de l’UMP. Ses partisans ont cherché vainement à répandre des arguties pour contrecarrer l’initiative. Comme le président va-t- il congédier ses propres députés pour des députés hostiles à sa politique ? Ou le président va-t-il avouer son forfait en restituant sa victoire à l’USN ? Il s’agit d’une contre offensive savamment concoctée pour mettre à dure épreuve la sensibilité du sujet. Il lui faudra une force de caractère pour troquer sa qualité actuelle de président d’une seule partie des djiboutiens contre le statut valorisant de président réconciliateur de deux groupes des djiboutiens issus du dernier holdup up électoral.

Mais contre toute attente, depuis son retour au pays, rien ne semble abonder dans le sens du dialogue. L’engagement du président s’acheminerait-il sur le sort des accords de Marcoussis du président Gbagbo ? Comme ce dernier, hélas ! le président IOG est entouré aussi de ses faucons qui  le pousseraient à se rétracter. Il y a tout lieu de craindre qu’il ait manqué l’énergie nécessaire pour se départir de leur emprise. Car sur le terrain, les faits ne contredisent pas l’éventualité d’un reniement au dialogue. Le gouvernement maintient la loi martiale et poursuit la répression, les arrestations abusives, les tortures, les emprisonnements arbitraires et les faux procès. Des comportements à renforcer la méfiance mutuelle et à conforter la thèse de ceux qui qualifiaient déjà l’annonce présidentielle de mensonge destiné à tromper la vigilance de la communauté internationale.

Quelque en soit la motivation, ce volte-face ne va pas ravir une opinion publique qui soutient fermement le principe du dialogue. Elle y entrevoit l’espoir de mettre fin à cette crise post électorale qui consume le pays.

Les pièges de la facilité

Posted by Bilawal Guedid On septembre - 23 - 2013 ADD COMMENTS

Après deux décennies de récessions économiques qui ont plongé le continent dans la spirale des difficultés liées au surendettement et à la chute de prix des matières premières , les pays africains vivent depuis six ans une grasse période.
La relance de leurs économies résulte de la conjonction d’un triple événement.

Les économies émergentes des pays de l’Asie ont revalorisé les prix des matières premières. Nombreux pays exportateurs de matières premières ont alors amélioré leurs revenus.

La baisse de taux rémunérateurs de la Reserve Fédérale Américaine et la faible rentabilité des capitaux en Europe ont permis aux pays africains d’accéder aux crédits sur le marché international . Le Nigéria, le Ghana et la Cote d’ivoire ont déjà bénéficié de ce type de prêts aux taux de 6 à 7%. Le Sénégal compte y mobiliser un emprunt de 500millions de $.

Enfin la Chine soucieuse de conserver sa forte croissance économique qui dépend beaucoup de son commerce extérieur, s’est décidée à faire usage de son importante réserve financière, en Afrique.

Comme de nombreux pays africains accusant d’importants retards dans leurs investissements publics , Djibouti a choisi de saisir les opportunités offertes par l’exim banque pour soutenir le commerce extérieur chinois. Le procédé est simplifié. Les représentants commerciaux et autres commissionnaires locaux agissant pour les comptes de sociétés chinoises envahissent les administrations des pays pour proposer l’acquisition des biens , des équipements et des prestations sur financements chinois. Un procédé qui risque de nuire gravement aux intérêts des pays brillants par leurs faibles capacités institutionnelles et qui de surcroît souffrent de ravages de la corruption. L’apathie , dans ces pays, génère la tentation de faire vite pour se servir vite. Ils acceptent de concevoir dans la durée qu’à la seule condition que le bailleur en fasse une exigence. Le temps consacré à l’étude de la faisabilité technique ,financière et économique de projet est assimilé à du temps perdu. Toute idée de vision de société, de planification et de priorisation de besoins est source d’ennuie. Le choix de projets ne procède pas de cette logique. Il obéit à la volonté d’épater la population par l’illusion de grands projets de développement. En contrepartie, les sociétés chinoises cumulent des activités non cumulables au risque de rouler le partenaire dans la farine et d’ouvrir la porte à tous les abus. Il s’agit de l’évaluation, du contrôle et de la réalisation de projets. Puis elles se paient auprès de leur banque sans qu’aucun sous ne transite par le pays . Les chinois maitrisent l’ensemble du processus et les rares cadres fouineurs ressortissants de pays africains se font taper les doigts.

Les nombreux projets de constructions de chemins de fer et de nombreux quais dont le président de la république a fêté à grandes pompes la pose de la première pierre, correspondent en tout point aux avatars nés de la nouvelle coopération chinoise en Afrique. Djibouti ne dispose plus d’un outil légal de planification . Le gouvernement navigue à vue et son choix de projets couteux se soucie peu de la rentabilité et du poids de la dette du pays. Les Djiboutiens se demandent du bien fondé de la construction du port animalier de Damerjog. Les pays du golfe ayant levé l’interdiction d’importer du bétail des pays de l’Afrique de l’Est ; l’exportation du bétail via les ports de Berbera et de Bossasso a repris de plus bel. Le port de Djibouti ne se trouve pas en situation de répondre à un afflux supplémentaire justifiant un port dédié au seul commerce du bétail. D’aucun ne peut démontrer par ailleurs que toutes les dispositions techniques pour rentabiliser les quais existant ont été prises avant d’ envisager la création d’autres ports tout autour du Goubet. En outre la multiplication des quais sur l’ensemble du littoral maritime ne respecte pas l’environnement et compromet le développement du tourisme dans ce pays.

Quant au nouveau train, nul ne doute qu’il soit le mode de transport le moins cher et le plus efficace. N’en déplaise à l’historien éthiopien Berhanou qui a analysé la ligne de chemin de fer Djibouto-Ethiopien comme un instrument de domination. L’influence de Berhanou explique peut-être l’attitude des autorités éthiopiennes qui ont préferé que chaque Etat construise son morceau de rails sur son territoire au lieu d’initier une grande société binationale qui disposerait de l’ensemble de rails sur tout le trajet. En renonçant au principe de la propriété binationale, la partie éthiopienne manifeste son hostilité à l’idée d’une intégration économique sur fond de l’émotion. On peut dans cette condition se demander comment les autorités djiboutiennes aient pu accepter de conclure le prêt pour la construction du rail avec la garantie de l’Ethiopie. C’est une première dans l’histoire qu’ un bailleur ait exigé la garantie d’un Etat tiers pour accorder un emprunt à la République de Djibouti. Le pays ne mérite pas une telle humiliation. D’habitude ce sont les collectivités locales ou les provinces d’un pays qui sollicitent la garantie de l’Etat pour emprunter. La chine a-t-elle considéré que le pays est trop endetté pour s’engager tout seul à hauteur de 600millions de $ ? Ou est ce un argument choc du coté chinois pour repousser poliment une demande exagérée djiboutienne en leur exigeant cette clause humiliante pour la nation ? C’est une piste à entrevoir car le montant du prêt est trois fois supérieur au cout total de la construction de 100km de rail. Les spécialistes évaluent à 2millions de $ le montant nécessaire à la réalisation d’un km de rail. A ce prix le cout total du projet s’élève à 200millions de $ ; l’énorme écart avec le prêt obtenu sur la garantie éthiopienne lève partiellement la voile sur le mystère de pièges de la facilité.

Le profil d’un dialogue réussi

Posted by Bilawal Guedid On septembre - 10 - 2013 ADD COMMENTS

La crise post électorale qui a résulté de la gestion du scrutin du 22 février 2013 reste sans précédent dans les annales de l’histoire de Djibouti. Des contestations de résultats électoraux ont toujours existé sans grandes convictions. Elles n’ont jamais connu auparavant ni la même ampleur ni la même persévérance et encore moins la même longévité.

Le mouvement de revendication issu de cette crise a surpris par la force de sa détermination et par le courage de ses actes pour rétablir le verdict populaire. Il s’appuie sur un faisceau d’indices cohérents mettant à rude épreuve la moindre crédibilité de la victoire auto proclamée de l’UMP. Jamais avant l’USN, un mouvement n’a démontré une pareille technicité contraignant l’Etat UMP de refouler les détails de son mensonge et de se livrer ainsi, en toute cupidité, à un vol d’étalages. Face aux pressions, le conseil constitutionnel a adopté la position d’une autruche confrontée à un danger en leur glissant un camouflet. Le conseil a surenchéri sur l’injustice en s’abstenant d’évacuer les objections de l’USN par une décision qui aurait toute la force de la chose jugée. Le mouvement de revendication a brillé par son caractère pacifique en renonçant à toutes formes de violences, ne serait-ce que pour contrer les exactions, les humiliations et les abus des forces de sécurité placées sous la férule de responsables UMP. Comme l’avait dit cinquante ans plutôt  Martin Luther King, le mouvement USN a opposé la force de l’âme aux forces matérielles de l’UMP.

Le pouvoir UMP a expérimenté les limites de l’exercice de la violence durant cette période. L’impact est terrible. Le gouvernement a ébranlé le fondement de la société Djiboutienne. Les membres sont profondément divisés et le principe de la conquête du pouvoir par les urnes est largement entamé. L’infamie de tous les actes perpétrés et la suspension de l’exercice de tous les droits et libertés fondamentaux ont plongé le pays dans l’abime.

L’annonce du dialogue politique a extirpé le pouvoir de l’UMP des égouts de la haine, de l’horreur et de la honte pour rejoindre l’USN sur le majestueux plateau de la fraternité. Et dans ce sanctuaire de la noblesse, la maison Djibouti y interpelle la conscience de chacun des négociateurs pour lui éviter des écueils en faisant de cette négociation une réussite. La République meurtrie recommande d’ arborer un état d’esprit constructif qui récuse toute idée de réédition de faible ou de résignation de bourreau. Elle déconseille de ne point tricher avec la vérité en caressant l’espoir d’un ralliement en échange des avantages matériels acquis sur le reniement de hautes valeurs de la société.

Et dans cette tentative d’esquisser le profil d’un dialogue réussi, la réhabilitation de l’Etat dont l’image a été écornée par ces dures épreuves constitue une priorité. Il s’agit de rétablir dans leurs droits et dans leurs libertés tous ceux qui ont subi des abus (atteintes physiques et morales, licenciements, emprisonnements, harcelements etc.…) et de renouer avec les pratiques d’un Etat soumis aux seules injonctions de la loi.

La dernière exigence réside dans le juste traitement de la pomme de la discorde qui implique le fondement même de toute société démocratique. On part du postulat que le pouvoir appartient au peuple qui l’exerce par ses representants. Et ces representants, le peuple les choisit en votant. Dans le cadre de ce dialogue, il ne peut y avoir une autre solution que celle qui vise à rétablir le respect du choix du peuple. S’il y a un brin de bravoure à faire valoir dans cette négociation ; elle consiste à honorer le peuple en acceptant avec humilité sa décision. Cette décision s’est exprimée à travers l’ensemble des résultats de bureaux de vote tels que publiés par les présidents de bureaux à l’issue de dépouillements. De la reconnaissance de ces résultats, tout le monde en sortira grandi. Toute résolution contraire est un sacrilège.

Mais ce dialogue ne serait pas complet s’il ne rassurait pas pour l’avenir. Il faut doter le pays de moyens pour éviter que plus jamais il ne sera possible de détourner les résultats des votes djiboutiens. Et pour exorciser définitivement ce démon, l’expression du choix populaire mérite à l’avenir d’emprunter des couloirs plus impartiaux et plus transparents tels que balisés par la charte africaine pour la démocratie.

Le dialogue politique : futile ou fécond ?

Posted by GADID On août - 31 - 2013 ADD COMMENTS

Apres avoir mené six mois durant, une campagne d’intenses répressions, d’humiliations de rares barbaries et des atteintes en tout genre pour briser les légitimes revendications de l’USN , le pouvoir UMP vient de changer subitement de position en épousant l’idée du dialogue. La réaction du gouvernement est surprenante parce qu’elle n’a été précédée d’aucun signe précurseur de détente. Cinq jours avant ce dialogue la soldatesque est descendue trop bas dans ses actes déshonorants en torturant des enfants et des femmes. En tout cas les djiboutiens ne pouvaient pas mieux espérer. Tout en se réjouissant de la trêve, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi as-t- on attendu aussi longtemps pour discuter ? Pourquoi as-t-on laissé perdurer la haine et ses cohortes d’actes malheureux qui se sont abattus sur une partie des djiboutiens ? On aurait peu de chance de se tromper , dans cette condition, en cherchant la cause externe qui aurait positivement influé sur le choix de ce virage; tant le gouvernement a manqué de sagesse et de cohérence dans ses décisions politiques ces dernières années.

Une chose est certaine ; l’indignation des parlementaires européens et la recommandation de dialogue politique des américains sont intervenues avant que le gouvernement ne fasse cette annonce. Comme tous les acquis démocratiques ont été dans le passé consécutifs à des suggestions des Etats tiers; les négociations qui viennent de démarrer n’échappent pas à la règle.

Mais l’expérience a montré que le pouvoir UMP est mal entendant et que l’étrange perception qu’il s’est faite avec une certaine recommandation émanant de pays ami, se trouve à l’origine du conflit. Quand on évoque le holdup électoral et la confiscation de la victoire de l’USN ; les responsables UMP dénoncent le présomptueux USN qui ose revendiquer les 80% des sièges destinés en avance et d’office à la majorité présidentielle . Ils ajoutent que la communauté internationale est intervenue en faveur de l’opposition pour céder seulement sur leur 100% de députés , une dizaine de députés pour donner au régime un semblant de démocratie .Ils s’étonnent de l’ingratitude de l’USN, qui au lieu de remercier le pouvoir UMP qui lui a servi la démocratie sur un plateau, se prévaut d’un résultat électoral favorable certes, mais qui trahit la règle de partage de sièges issue de la recommandation. En toute mauvaise foi l’UMP jouant à la comédie fait semblant d’ignorer que l’opposition reste le statut du perdant et que la majorité a changé de camp avec la victoire de l’USN .

Il y a donc à craindre que dans la même logique , l’UMP se considère quitte avec l’exigence de la communauté internationale par le seul fait de s’asseoir à la table du dialogue sans qu’il ne soit tenu d’obligation de résultat aucun. C’est pourquoi la communauté internationale qui a poussé le gouvernement UMP à de meilleurs sentiments en ouvrant le dialogue, veille sur le processus pour conjurer toute tentation d’un dialogue futile. Les premiers indices bienveillants en ce début de rencontre ne doivent pas tromper. La composition de la délégation gouvernementale révèle un signe encouragent car elle porte la marque de l’exclusion de trois catégories de personnalités susceptibles de capoter le dialogue. Elle reste exempte de l’influence directe des vas-t-en guerre, des butés intransigeants et des députés ump susceptibles d’être lésés par un éventuel accord de restitution des sièges supplémentaires à l’USN. Les personnalités qui en font partie bénéficient de préjugés plus ou moins favorables.

A présent il appartient à ces responsables de se montrer à la hauteur de la mission pour laquelle le président de la république les a cooptés et de confirmer la confiance dont ils inspirent aux djiboutiens, en réussissant à faire de ce dialogue, un dialogue fécond par ses apports à l’ancrage démocratique du pays.

Résolution du Parlement européen sur la situation à Djibouti

Posted by garaad On juillet - 6 - 2013 ADD COMMENTS

Le Parlement européen, – vues ses précédentes résolutions sur la situation à Djibouti;

- vu l’Accord de Cotonou signé le 23 juin 2000 et révisé le 22 juin 2010;

- vue la déclaration du porte-parole de Catherine Ashton, Haute représentante de l’UE sur la situation après les élections législatives à Djibouti du 12 mars 2013;

A. Considérant qu’Ismail Omar Guelleh a été réélu Président en 2005 avec 100% des suffrages et qu’il a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2016 ; considérant que le Président Guelleh a été réélu en avril 2011 avec presque 80% des voix dans un scrutin largement boycotté par l’opposition;

B. Considérant que, pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir d’Ismail Omar Guelleh, les partis de l’opposition, espérant le pluralisme démocratique, avaient décidé de prendre part aux élections législatives du 22 février 2013, en raison d’un nouveau mode de scrutin partiellement proportionnel, permettant la représentation parlementaire de la minorité politique ;

 C. Considérant que lors de ce scrutin les opérations de vote ont été observées par l’Union africaine, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui ont supervisé 154 bureaux de vote et 12 centres de dépouillement, et ont souligné la transparence du scrutin, n’ayant relevé aucun cas de fraude ni de bourrage d’urnes ;

D. Considérant que, selon les résultats procla F. Considérant que les résultats des élections législatives du 22 février n’ont toujours pas été publiés par bureau de vote, malgré les demandes de l’Union européenne, ce qui entraîne des soupçons de fraudes ; més par le Conseil constitutionnel, l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP) a obtenu 68% des suffrages ;

E. Considérant que l’opposition, qui pour la première fois depuis l’indépendance fera son entrée au Parlement, dénonce des fraudes massives et proclame sa victoire électorale ; considérant que le Conseil constitutionnel a rejeté le recours de l’opposition visant à contester le résultat des élections;

 F. Considérant que les résultats des élections législatives du 22 février n’ont toujours pas été publiés par bureau de vote, malgré les demandes de l’Union européenne, ce qui entraîne des soupçons de fraudes ;

G. Considérant que la répression, par un usage disproportionné de la force, des manifestations des partis de l’opposition, qui contestent la régularité des élections législatives, aurait fait au moins dix morts, tués par balles par les forces de l’ordre ;

H. Considérant les arrestations massives de manifestants de l’opposition ;

I. Considérant que depuis les élections du 22 février, plus d’un millier d’opposants auraient été emprisonnés pour des périodes plus ou moins longues ;

 J. Considérant que les prisonniers politiques actuellement détenus seraient une soixantaine ; Considérant la répression constante des autorités contre les militants politiques de l’opposition ;

K. Considérant les poursuites judiciaires engagées contre la plupart des dirigeants de l’opposition et contre de nombreux journalistes ; L. Considérant que le journaliste Mydaneh Abdallah Okieh, par ailleurs chargé de la communication de la coalition d’opposition USN, est accusé de « diffamation de la police » pour avoir posté sur le réseau social Facebook des images de manifestants victimes de la répression ;

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La nuit de longs couteaux

Posted by Wahabia On juin - 11 - 2013 ADD COMMENTS

A Djibouti, comme dans  le reste du monde musulman, la date anniversaire de l’Ascension du prophète Mohamed ibn Abdullah salalahu aley wasalam a été célébrée dans la nuit du 6 au 7 juin 2013. Mais contrairement à la date de naissance du prophète qui est honorée par l’organisation d’ importantes festivités religieuses ; la nuit de l’ascension n’a jamais donné lieu à Djibouti à une quelconque cérémonie . Les croyants préfèrent les recueillements individuels.

L’Ascension2013 a particulièrement agité le pouvoir djiboutien. A la salle de la Corniche, le nouveau ministre Blin bling de la culture et des affaires religieuses a provoqué une réunion placée sous l’égide du président de la république. Environ deux cents personnes triées sur le volet y ont été conviées. De nombreuses personnalités religieuses y ont pris part. Mais l’idée derrière cette extraordinaire réception n’a pas échappé aux djiboutiens. La préoccupation du pouvoir était ailleurs ; loin de ce que pourrait inspirer un aussi important événement dans la religion musulmane. Le pouvoir a ourdi un complot contre les religieux du pays. La date symbolique a été choisie pour tromper leur vigilance si ce n’était pour mieux digérer cet acte d’ allégeance qu’ils devaient manifester au prince. Dans l’esprit du griot Balalo, l’heure de la repentance des oulémas a sonné. Il a voulu tirer le plus grand bénéfice de cette opération en les amenant à excommunier leurs paires emprisonnés à Gabode pour un crime de lèse-majesté. Sa mission consistait à diviser la communauté des oulémas. Le pouvoir a dressé parmi eux une liste noire à abattre. Il s’est ainsi affairé à transformer cette nuit de piété en une maudite nuit de longs couteaux .

Mais le projet a été conçu sans compter sur la haute moralité de ces religieux. La parade a été vite improvisée et dans leurs différentes allocutions  ils ont couvert le pouvoir de ces éloges qu’il affectionne. Les efforts en faveur des arabophones, l’érection de l’institution en charge des affaires religieuses et la création de Diwan al Zakat ont été égrenés pour illustrer l’attachement du président à la cause religieuse. Mais ils ont omis de compléter que ces initiatives lui ont assuré de leur soutien jusqu’au jour où le pouvoir dérapant réfute toute rectification. Ce n’est pas la voie qui a été choisie par les intervenants pour éviter la confrontation. Ils ont préféré une tournure plus conciliante et intransigeante sur le fond. Le but étant de déjouer la manipulation du pouvoir, ils se sont tout simplement abstenus de condamner leurs confrères injustement détenus. Le chagrin des religieux était perceptible tant ils avaient manqué de compatir avec les victimes d’un pouvoir impie. Mais l’essentiel a été fait ; l’entreprise du pouvoir a échoué. Le président de la république a exprimé tout au long de la soirée des gestes empreintes de lassitudes et de regards inquiets qui en disent longue sur sa déception.

Le pouvoir n’est pas à sa première tentative dans cette guerre contre les oulémas qui n’en est pas une en vérité mais qu’il ne cesse d’exhiber pour détourner l’opinion sur ce déficit démocratique qui sévit le pays. Il n’en est pas non plus à sa dernière défaite mais c’est sans embarras aucun. Tout le monde reconnait le sérieux, l’indulgence, la foi, la modestie, l’intégrité, le désintéressement au pouvoir et au matériel de trois oulémas emprisonnés pour des motifs politiques. Cheick God est francophone et possède un doctorat en lettres. Cheick Bachir est titulaire d’un doctorat en droit et se passionne pour les philosophes de la lumière. Des hommes qui ne méritent pas la souillure et dont l’ intelligence et la vaste culture les placent au dessus de toutes velléités extrémistes mettant ce pays en danger.

UA : quinquagénaire ambitieux ou présomptueux ?

Posted by Bilawal Guedid On juin - 3 - 2013 ADD COMMENTS

A la fin des années 1950, les premiers états libres du continent ont réagi à l’instar des animaux élevés aux biberons relâchés sans transition dans la nature à l’âge adulte. Ils se sont retrouvés devant la difficile alternative de retourner à la cage ou de s’assumer. Meurtrie par pas moins de trois siècles d’exploitations, l’Afrique a accepté de troquer son identité, de livrer ses forces vives et de pourvoir ses ressources. Les puissances coloniales ont remodelé les terres africaines et ses habitants pour satisfaire à leurs besoins sans jamais changer de destinations.

L’initiative de l’empereur Hailé Sélassié qui a abouti le 25 mai 1963 à la création de l’OUA correspondait au schéma par défaut acceptable pour les trente chef d’états réunis à Addis Abéba . L’OUA a été conçu pour offrir un service minimum, un cadre de concertations et de consultations pour les souverainetés fraichement acquises avec une tare. Et ce défaut de fabrication qu’ils portaient en eux à leurs naissances leur empêchait de s’unir. Voilà pourquoi le rassemblement du grand Maghreb ( Maroc, Tunisie et la FLN de l’Algérie), la réunion Sénégalo-malienne et la fusion du Ghana avec la Guinée ont échoué. La charte de l’OUA a permis de surmonter les graves divergences nées de la crise Congolaise et de l’indépendance de la Mauritanie en confondant les groupes de Monrovia, d’Abidjan et de Casablanca.

Parmi les réalisations, la poursuite de la décolonisation et la lutte contre l’apartheid figurent à l’actif de son bilan. La règle de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme résultant de la charte de l’OUA a rendu possible cette coexistence pacifique des états du continent. Mais l’OUA a connu aussi ses déboires. L’affaire du Sahara Occidental l’ a plongé dans une crise qui a entrainé le départ du Maroc. Par ailleurs durant les décennies 1980-1990, sous l’effet de la chute des prix des matières premières et du poids de la dette, l’Afrique a vécu des ajustements douloureux qui l’ont réduite à la mendicité. L’OUA avait omis de servir de porte voix à ce cri de douleur comme le fait actuellement l’Union Européenne pour dénoncer la politique d’austérité. Il semblerait que sa vocation limitée, purement politique, ne l’autorisait pas à peser sur la résolution des dossiers économiques africains comme la baisse des prix des matières premières, la restructuration  des dettes africaines ou la stimulation des échanges intra-africains.

Cette faille a réveillé les pays africains qui se sont rendus à l’évidence de l’intimité des questions politiques et économiques. Elle a fait émerger la nécessité de réformer l’OUA en un outil plus ambitieux capable de les aider à mieux s’insérer dans les échanges mondiaux. En 2002 l’OUA s’est transformé en l’Union Africaine avec des nouvelles institutions assignées à réussir l’union politique et économique du continent. Le vecteur de cette union politique et économique passe par l’intégration économique régionale. Schématiquement l’idée consiste à créer d’abord cinq grandes pôles économiques interdépendantes sur le continent. Ensuite il sera aisé de fusionner ces grands sous ensembles pour accéder un jour à ces états unis d’Afrique. Or la complémentarité des économies au sein de ces grandes zones suppose que les échanges entre ses membres augmentent de manière significative. Ce pari n’est pas gagné d’avance dans un continent enclavé où les moyens de communications entre les états restent faibles. L’amélioration des infrastructures du continent est un objectif à atteindre. Mais elle devient contreproductive par le cout de surendettement quand l’évaluation et la réalisation de ces ambitieux projets ne s’exécutent pas dans la transparence.

La seconde condition pour influer sur les flux des échanges entre les états africains repose sur leur capacité à muer leurs économies rentières basées sur les exportations des matières premières en des économies de transformations qui leur permettraient de réduire la pauvreté et sa cohorte d’inégalités sociales. Les taux de croissance économique élevés de sept dernières années sont tirés essentiellement par la demande accrue des économies émergentes en matières premières. Paradoxalement, sur la même période, la part africaine de la production industrielle mondiale recule et ce mirage économique n’augure en rien à un développement équilibré. On ne peut s’empêcher de penser qu’après les Etats Unis d’Amérique et de l’Europe, l’Afrique, la mère de l’humanité, préconise actuellement le développement du continent asiatique.

Enfin l’intégration économique régionale n’est possible que dans un environnement de paix et de stabilité. Tous ces efforts de modernisation restent vains dans un continent où la sempiternelle question d’accès au pouvoir ne semble pas encore définitivement tranchée. Les violences qui ont endeuillé le continent et qui ont ravagé ses économies tirent leur origine de la lutte pour le pouvoir. La communauté à laquelle aspire l’union africaine doit s’organiser autour des valeurs démocratiques. L’adhésion à la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance doit être un préalable pour rejoindre cette communauté. C’est la démarche pour réussir l’ambition et de conjurer la présomption.

L’incertitude autour du dialogue

Posted by Bahja On mai - 24 - 2013 ADD COMMENTS

Cela fait trois mois que l’USN endure stoïquement supplices, sacrifices, humiliations et déni de justice. Aux exactions d’un gouvernement décidé à faire consommer son holdup électoral par la force, l’USN a adopté une posture responsable, non violente et ferme. Mais l’autisme et le sadisme du gouvernement exacerbent un peu plus chaque jour le climat et rendent l’environnement peu propice à l’idée de rapprochement. C’est dans ce contexte que l’USN a pris son courage à quatre mains, en conviant le président de la république au dialogue. A cette main tendue, le porte parole du gouvernement, se prêtant à un excès de langage qui tranche avec son métier de diplomate, a opposé une fin de non recevoir.

Mais un peu moins de deux semaines, il s’est produit un coup de théâtre. Depuis Londres où il participait à la conférence pour la Somalie et à une réunion de travail avec des investisseurs, le président de la république a annoncé sa décision de dialoguer avec ses adversaires. L’environnement Londonien a positivement influencé le président de la république, qui semble t-il, a subitement recouvré toute sa lucidité. Les membres de la diaspora djiboutienne ont afflué à Londres pour lui signifier leur attachement aux valeurs démocratiques. Le premier ministre britannique l’a invité à respecter l’exercice des droits et libertés fondamentaux et à surmonter la crise post- électorale par des moyens pacifiques. Enfin, la réunion pour charmer les investisseurs étrangers s’est soldée par un échec. En dehors de quelques représentants des sociétés de la sécurité maritime, la communauté anglophone des affaires n’a pas fait le déplacement. Les déboires des investisseurs Emiratis et Koweitiens à Djibouti n’ont pas surement laissé cette communauté indifférente. Autant d’événements qui ont résolu le président à mieux apprécier la situation et à revenir à de meilleurs sentiments.

Mais à Djibouti, la nouvelle a fait l’effet d’une douche froide au sein de l’UMP. Ses partisans ont cherché vainement à répandre des arguties pour contrecarrer l’initiative. Comme le président va-t- il congédier ses propres députés pour des députés hostiles à sa politique ? Ou le président va-t-il avouer son forfait en restituant sa victoire à l’USN ? Il s’agit d’une contre offensive savamment concoctée pour mettre à dure épreuve la sensibilité du sujet. Il lui faudra une force de caractère pour troquer sa qualité actuelle de président d’une seule partie des djiboutiens contre le statut valorisant de président réconciliateur de deux groupes des djiboutiens issus du dernier holdup up électoral.

Mais contre toute attente, depuis son retour au pays, rien ne semble abonder dans le sens du dialogue. L’engagement du président s’acheminerait-il sur le sort des accords de Marcoussis du président Gbagbo ? Comme ce dernier, hélas ! le président IOG est entouré aussi de ses faucons qui  le pousseraient à se rétracter. Il y a tout lieu de craindre qu’il ait manqué l’énergie nécessaire pour se départir de leur emprise. Car sur le terrain, les faits ne contredisent pas l’éventualité d’un reniement au dialogue. Le gouvernement maintient la loi martiale et poursuit la répression, les arrestations abusives, les tortures, les emprisonnements arbitraires et les faux procès. Des comportements à renforcer la méfiance mutuelle et à conforter la thèse de ceux qui qualifiaient déjà l’annonce présidentielle de mensonge destiné à tromper la vigilance de la communauté internationale.

Quelque en soit la motivation, ce volte-face ne va pas ravir une opinion publique qui soutient fermement le principe du dialogue. Elle y entrevoit l’espoir de mettre fin à cette crise post électorale qui consume le pays.

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